“De nombreuses vidéos” montrent des enfants soldats parmi les combattants houthistes qui ont été faits prisonniers ces derniers jours lors de l’intensification du conflit, écrit Human Rights Watch sur son compte X, lundi 5 octobre. Certes, l’organisation de défense des droits humains souligne que ces vidéos “nécessitent encore des vérifications”. De même, “les autres partis du conflit” ne sont pas exempts de reproche dans ce domaine. Mais une chose est certaine : “Les houthistes ont un lourd passé dans le recrutement d’enfants soldats.”

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En 2024, l’ONG avait en effet déjà publié un long rapport pour dénoncer ces pratiques. “Les houthistes ont recruté des milliers d’enfants depuis le début du conflit au Yémen en 2014”, écrivait-elle alors. “Les Nations unies ont vérifié au moins 1 851 cas individuels de recrutements d’enfants depuis 2010”, tandis que d’autres ONG estimaient même à 10 000 le nombre d’enfants embrigadés entre 2014 et 2021, dont certains âgés de seulement treize, voire huit, ans.

“Stages d’été” pour endoctriner les enfants

Les houthistes se servent des écoles et organisent des “camps d’été” pour endoctriner les jeunes et organiser des “stages de port d’armes”, dénonce également la version arabophone de la Deutsche Welle, qui cite des sources locales.

Et ces enfants se retrouvent bel et bien sur le front. “Pas moins de cent enfants soldats embrigadés par les houthistes ont été tués au cours du mois de septembre”, rapporte le quotidien local Al-Masdar Online, se fondant sur les chiffres des autorités gouvernementales.

Par ailleurs, les médias et les internautes progouvernementaux font largement circuler des vidéos de captures d’enfants soldats, dans lesquelles les troupes régulières ont le beau rôle. Ces clips servent à des fins de propagande, pour mettre en scène l’humanité des forces officielles, qui offrent à manger et promettent la vie sauve.

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“Ces enfants paniquent et s’effondrent quand ils tombent entre les mains de troupes gouvernementales, mais les soldats leur assurent qu’ils ne vont pas leur faire du mal”, explique Ali Hazazi, directeur du département des droits humains et de la société civile de la présidence yéménite, à Aden, cité par Al-Jazeera English.

À Sanaa, un climat de pression

De jeunes yéménites sont souvent “recrutés à l’âge de 17 ans, un âge assimilé au moment où l’on devient un homme, à la virilité et à la maturité” dans les “normes sociales et tribales” du Yémen, ajoute le même site. Mais quoi qu’il en soit de leur âge exact, le recrutement s’accompagne souvent de pressions.

À Sanaa, la capitale, les houthistes ont intensifié “ces derniers jours” les activités de mobilisation, en organisant des réunions de quartiers où ils “convoquent” des mères avec leurs enfants pour leur tenir des discours qui “mélangent menaces, pressions et intimidations” pour pousser à envoyer les fils à la guerre, rapporte le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat.

Et partout, aussi bien dans les zones houthistes que dans celles contrôlées par le gouvernement, c’est “l’effondrement économique provoqué par la guerre [qui] a créé les conditions pour que les groupes armés puissent exploiter des enfants et leurs familles” en échange d’un salaire, aussi maigre soit-il, conclut Middle East Eye, qui cite Tawfeeq Al-Homaidy, président de l’ONG yéménite SAM pour les droits et les libertés.