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Aux Etat-Unis, une juge fédérale interdit l’inhalation d’azote comme méthode d’exécution en Alabama

La magistrate estime, dans sa décision, que ce moyen d’exécution viole l’interdiction constitutionnelle des peines cruelles et inhabituelles. Cette méthode est comparée par des experts de l’ONU à une forme de « torture ».

Aux Etat-Unis, une juge fédérale interdit l’inhalation d’azote comme méthode d’exécution en Alabama
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Le projet de l’Alabama d’exécuter un condamné à mort a été interrompu, mardi 9 juin, par une juge fédérale qui a rendu une décision interdisant à l’État d’exécuter Jeffery Lee par inhalation d’azote et bannissant cette méthode. Dans sa décision, Emily C. Marks estime que ce moyen d’exécution viole l’interdiction constitutionnelle des peines cruelles et inhabituelles. L’exécution de Jeffrey Lee était prévue pour jeudi dans une prison de cet État américain du Sud-Est.

Un porte-parole du procureur général de l’Alabama, Steve Marshall, a déclaré que l’État ferait appel de cette décision. L’affaire finira probablement devant la Cour suprême des États-Unis, laquelle avait déjà autorisé par le passé des exécutions par azote.

Cette méthode a été utilisée cinq fois en 2025, dont quatre en Alabama qui avait été le premier état à l’adopter en 2024. Elle est comparée par des experts de l’ONU à une forme de « torture ».

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La décision de mardi pourrait marquer un tournant dans l’usage de la peine capitale aux États-Unis, une pratique en constante évolution. Les États appliquant la peine de mort disposent d’un éventail de méthodes d’exécution, notamment l’injection létale, le peloton d’exécution, la chaise électrique et le gaz létal.

L’injection létale, méthode la plus utilisée

Vingt-huit Etats ainsi que le gouvernement fédéral autorisent le recours à l’injection létale selon le Death Penalty Information Center, une organisation à but non lucratif basée à Washington.

Son apparence relativement aseptisée l’a rendue attrayante aux yeux des partisans de la peine de mort, explique Deborah Denno, professeure à la faculté de droit de Fordham. C’est la méthode la plus utilisée aux Etats-Unis, même si elle a connu de nombreux problèmes. Les Etats peinent souvent à se procurer les médicaments nécessaires car les laboratoires pharmaceutiques ont interdit l’utilisation de leurs produits pour des exécutions.

Des équipes chargées des exécutions ont aussi eu du mal à trouver des veines adéquates ou ont échoué à le faire, comme ce fut le cas le 21 mai dans la prison de Nashville (Tennessee) où un homme de 57 ans aurait dû être mis à mort pour le meurtre de trois personnes en 1994. Ce condamné, qui s’est vu octroyer un sursis d’un an par le gouverneur, a déjà passé plus de trente ans dans le couloir de la mort et a toujours clamé son innocence.

Dans certains cas, des aiguilles se bouchent ou se délogent, et, parfois, plusieurs doses de produits sont nécessaires pour tuer un condamné.

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Le peloton d’exécution, « acceptation croissante de la violence »

Ces difficultés ont incité certains Etats à expérimenter d’autres méthodes d’exécution. Après une tentative ratée en 2024, les législateurs de l’Idaho ont ainsi fait du peloton d’exécution leur méthode principale.

Seulement six personnes ont été exécutées par un peloton d’exécution depuis 1976, selon le Death Penalty Information Center, dont trois en Caroline du Sud en 2025 pour la première fois aux Etats-Unis depuis 2010.

Mais le soutien au peloton d’exécution semble croître dans certains Etats. Le Mississippi, l’Oklahoma, et l’Utah ont aussi autorisé le recours à cette méthode. La Floride et la Caroline du Nord disposent de lois permettant de l’utiliser, si nécessaire. Le Tennessee autorise également le peloton d’exécution si ses méthodes principales sont jugées inconstitutionnelles.

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En avril, le ministère de la justice américain avait annoncé qu’il autorisait le peloton d’exécution alors que l’administration Trump cherche à accélérer les procédures liées à la peine capitale. « Sans vouloir entrer dans le débat politique, il existe un courant dans notre culture qui témoigne d’une acceptation croissante de la violence dans ce contexte précis », note Mme Denno.

Lors d’une exécution par peloton, le condamné est généralement attaché à une chaise et abattu d’une balle dans le cœur par des agents chargés de l’exécution, postés à une distance pouvant aller jusqu’à 7,6 mètres (25 pieds). Cette méthode vise à arrêter rapidement le cœur, mais elle peut être mal exécutée. Les avocats de condamnés à mort en Caroline du Sud affirment qu’un homme exécuté par peloton en 2025 était conscient et a probablement enduré une douleur extrême pendant près d’une minute, car les balles l’avaient atteint plus bas que prévu.

1 669 personnes exécutées depuis 1976

Neuf États, dont la Floride, autorisent l’exécution par chaise électrique. Cette autre méthode consiste à attacher le condamné à une chaise et à placer des électrodes sur sa tête et sa jambe, avant de faire traverser son corps par une décharge de 500 à 2 000 volts. Depuis 1976, 163 exécutions par électrocution ont eu lieu. Toutefois, seules 19 ont été pratiquées depuis 2000. La dernière a eu lieu en 2020 dans le Tennessee.

La peine de mort a été abolie dans 23 des 50 Etats américains. Trois autres, la Californie, l’Oregon et la Pennsylvanie, observent un moratoire des exécutions sur décision du gouverneur.

La Cour suprême avait rétabli la peine capitale en 1976. Cette décision avait mis fin au moratoire national sur la peine capitale que la Cour avait imposé en 1972. Selon le Death Penalty Information Center, 1 669 personnes ont été exécutées depuis, dont 15 en 2026 – huit en Floride, quatre en Alabama, deux dans l’Oklahoma, une dans l’Arizona.

En 2025, il y a eu 47 mises à mort, un sommet depuis 2009, année durant laquelle 52 personnes ont été exécutées.

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Le Monde avec AP et AFP

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