La vice-présidente des Philippines, Sara Duterte, a été inculpée mardi 11 août, a communiqué le ministère de la justice du pays. La fille de l’ex-président d’extrême droite Rodrigo Duterte (2016-2022), 48 ans, entend briguer la présidence en 2028. Elle est accusée de menace de mort contre le président du pays, Ferdinand Marcos Jr, fils de l’ex-dictateur, mort en 1989.
Cette accusation découle d’une plainte déposée en février 2025 après que, entrée en conflit avec son ex-allié, Mme Duterte avait affirmé être la victime d’un complot d’assassinat et avoir ordonné l’élimination de M. Marcos si elle était tuée en premier. Elle avait ensuite déclaré que ses propos, tenus lors d’une conférence de presse, avaient été mal interprétés.
Les avocats de Mme Duterte ont argué dans un communiqué qu’elle ne pouvait pas être poursuivie en justice pour un délit présumé qui fait aussi l’objet de son procès en destitution au Sénat, ouvert en juillet au Sénat contre elle. Le porte-parole du ministère de la justice philippin, Polo Martinez, a cependant affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) que ces poursuites étaient possibles parallèlement au procès en destitution. L’affaire est désormais « du ressort des procureurs », a dit M. Martinez. Dante Gatmaytan, un professeur de droit de l’université des Philippines, a confirmé par téléphone à l’AFP que cette situation n’était « pas inconstitutionnelle ».
Le code pénal des Philippines prévoit une peine d’un à six mois de prison pour le délit de « menaces graves ». La justice n’a par ailleurs pas donné suite à une plainte pour « incitation à la sédition » à l’encontre de Mme Duterte.
Sara Duterte est accusée de malversations, de corruption et de menaces de mort contre le président Ferdinand Marcos Jr, son colistier lors de l’élection de 2022, et son épouse. En mai, 257 des 318 membres de la Chambre des représentants avaient voté sa mise en accusation devant le Sénat. Une majorité des deux tiers des 24 sénateurs est nécessaire pour la destituer et la rendre inéligible.