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Avant les midterms 2026, des républicains gagnés par la fébrilité au Kansas : « Le problème, c’est l’augmentation du prix du gazole »
Par Piotr Smolar (Wichita (Kansas), envoyé spécial)ReportageDans cet Etat du Midwest américain, acquis aux républicains depuis des décennies, les soutiens locaux trouvent des excuses au président, Donald Trump, mais déplorent les hausses de prix et reconnaissent le manque de mobilisation dans leurs rangs.
On ne devrait pas passer au Kansas. Parler de cet Etat du Midwest, aux plaines battues par le vent, est une incongruité en saison électorale. Aucun démocrate n’y a emporté de siège sénatorial depuis 1932. Donald Trump y a récolté 16 points d’avance sur Kamala Harris en 2024. Pourtant, à l’approche des élections de mi-mandat prévues le 3 novembre, la nervosité et l’incertitude gagnent les rangs républicains. Le sortant, Roger Marshall, fait face à la concurrence redoutable d’un pasteur sous les couleurs démocrates, Adam Hamilton, qui parle d’unité et de rassemblement. Le premier compte sur le soutien indéfectible des zones rurales conservatrices. Le second tente de séduire les indécis, les pragmatiques et surtout les déçus du trumpisme. Le résultat semble imprévisible, et c’est en soi un coup de tonnerre.
Il fallait donc venir à Wichita, ville la plus peuplée du Kansas (400 000 habitants), célèbre pour son secteur aéronautique, afin de sonder les états d’âme à droite. La guerre lancinante contre l’Iran, l’envolée du prix de l’essence, le coût du logement et du caddie plein au supermarché, l’angoisse suscitée par l’intelligence artificielle et les data centers : tous ces facteurs mobilisent la gauche. Ils suscitent aussi une forme de malaise dans les rangs conservateurs. La coalition qui avait assuré la victoire majeure de Donald Trump en 2024 n’est plus, même si la puissance de la loyauté tribale et de la fidélité au président reste réelle.
Ancien conseiller municipal, Bryan Frye est un patriote de Wichita. Relevant une manche de son polo, il nous montre l’emblème de la ville. Engagé dans de nombreuses organisations locales, après une longue carrière dans le marketing et la télévision, Bryan Frye peut parler sans fin de la cité, de sa capacité à se réinventer au fil du temps, des tornades et des températures extrêmes qui sévissent souvent. Mais lorsqu’il s’agit de politique, ses mots sont plus tempérés. Il trouve facilement des circonstances atténuantes à Donald Trump : « Chaque politicien fait des promesses. Il est impossible de toutes les tenir. On fait au mieux avec les atouts dont on dispose. »
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