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« La porte des larmes » : entre la péninsule Arabique et la corne de l’Afrique, Bab el-Mandeb commande l’entrée méridionale de la mer Rouge et l’accès au canal de Suez.
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Large et profond, il ne freine pourtant pas la navigation : sa force de verrou tient à sa position — la différence entre trente et cinquante jours de mer entre l’Asie et l’Europe.
Son nom arabe signifie « la porte des larmes ». Le détroit de Bab el-Mandeb sépare la péninsule Arabique de la corne de l’Afrique et commande l’entrée méridionale de la mer Rouge. C’est l’un de ces points de passage resserrés dont dépend une part considérable de ce que nous consommons. Sa géographie et les chiffres du trafic qui le traverse suffisent à comprendre pourquoi il figure parmi les points névralgiques du commerce mondial.
La géographie d’un goulet
Le détroit s’étire sur une cinquantaine de kilomètres de long et mesure environ trente-deux kilomètres dans sa largeur, entre le cap Ras Menheli au Yémen et le cap Ras Siyyan à Djibouti. L’île volcanique de Mayyoun, que les Européens appellent Perim, longue de moins de six kilomètres pour une surface de treize kilomètres carrés, le partage en deux passes très inégales. À l’est, du côté yéménite, le petit chenal dit Bab Iskender n’a que trois kilomètres de large et une trentaine de mètres de fond ; les courants de marée y sont forts et irréguliers, et il est réservé à la navigation locale. À l’ouest s’ouvre la grande passe, le Dact-el-Mayun, large d’une vingtaine de kilomètres et profonde de plus de trois cents mètres. C’est par elle que transite l’essentiel du commerce international.
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