Le mouvement sioniste a mobilisé, pendant la première moitié du XXe siècle, une diplomatie à la fois efficace et volontariste au service de l’établissement, en Palestine, d’un « foyer national pour le peuple juif », puis d’un « Etat juif ». Cette mobilisation a permis, dès la proclamation de l’Etat d’Israël, en mai 1948, sa reconnaissance rapide aussi bien par les Etats-Unis que par l’Union soviétique.
Un an plus tard, Israël devenait membre de l’Organisation des Nations unies (ONU) en tant qu’« Etat pacifique », alors même qu’un simple cessez-le-feu prévalait avec ses voisins arabes. Le ministre des affaires étrangères israélien de l’époque, Moshé Sharett, fut largement crédité d’un tel tour de force, et demeura en fonctions jusqu’en 1956, dirigeant même le gouvernement en 1954-1955.
Golda Meïr, qui lui succéda à la tête de la diplomatie israélienne, resta dix ans à ce poste, avant de devenir première ministre, en 1969. Les postes d’ambassadeur n’étaient pas moins prestigieux, puisque le général Yitzhak Rabin, chef d’état-major de 1964 à 1968, partit ensuite représenter Israël à Washington, ce qui ne l’empêcha pas de prendre la tête du gouvernement, en 1974.
Amalgames et surenchères
Cette période faste de la diplomatie israélienne se poursuivit lors des négociations avec l’Egypte, conclues par le traité de paix de 1979, puis avec l’Organisation de libération de la Palestine, couronnées par les accords d’Oslo, en 1993. Les ministres des affaires étrangères étaient d’illustres personnalités, tels Moshé Dayan, en 1979 (le triomphateur de la guerre des Six-Jours, douze ans plus tôt), et Shimon Pérès, en 1993 (distingué par le prix Nobel de la paix en 1994, au même titre que le premier ministre Yitzhak Rabin).
Les diplomates israéliens impressionnaient leurs homologues par leur maîtrise des dossiers et leur professionnalisme, sans rien céder aux exigences de leur pays en matière de sécurité. Cependant, une diplomatie plus brutale avait aussi ses adeptes, ainsi que le démontrait Benyamin Nétanyahou, ambassadeur de combat auprès de l’ONU à New York, de 1984 à 1988.
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