[Cet article fait partie de nos archives et a été publié le 20 décembre 2025. Nous le republions à l’occasion de nos journées spéciales en accès-libre sur notre application]

Courrier international

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On a vu ces dernières années émerger un débat global autour de la vie de couple et du célibat. Récemment, ce débat a été amplifié par un article de Vogue (Chanté Joseph) qui osait demander s’il n’était pas devenu gênant “d’avoir un copain lorsqu’on est une femme aujourd’hui”, suggérant qu’il serait peut-être temps de réévaluer l’allégeance à l’hétérosexualité traditionnelle.

Une vague de célibat déferle sur le monde

The Economist, qui a consacré sa une à ce sujet, met en lumière une tendance globale au célibat croissant dans les pays riches, où la norme du couple se dissout progressivement. Depuis plusieurs années, la proportion de personnes vivant seules augmente, en particulier chez les 25-34 ans, et ce mouvement est parfois analysé comme une “récession des relations” plutôt qu’un simple choix individuel.

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Les couples au bord de la crise de nerfs, un phénomène mondial

Cette “récession des relations” touche l’ensemble des pays développés et bien au-delà. En Italie, l’“hétéropessimisme” traduit le ras-le-bol de nombreuses femmes face à des comportements masculins jugés inadaptés ; en Espagne, le terme d’“hétérofatalisme” sert à nommer le sentiment d’impasse qui entoure les relations hétérosexuelles. En Allemagne, certains intellectuels appellent à “déromantiser” l’amour et à redonner une place centrale à l’amitié. En Pologne, le sociologue Tomasz Szlendak décrit une “machine sociale enrayée” qui entrave durablement la formation des couples et fait de la solitude une condition structurelle. Le phénomène n’épargne ni l’Amérique latine, au Brésil, la défiance envers le couple s’exprime sur fond d’inégalités persistantes et de violences de genre, ni l’Asie, où la pression économique, le poids des normes familiales et l’épuisement professionnel contribuent à un recul marqué du mariage et de la vie à deux.

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Est-ce que les hommes hétérosexuels vont bien ?

La presse étrangère comme les études scientifiques sont formelles : les hommes sont en retard sur les femmes en matière d’éducation, d’emploi et d’autonomie sociale, ce qui se répercute sur leur capacité à s’engager dans des relations durables. De plus, une part non négligeable d’hommes perçoit l’engagement comme un “coût financier trop élevé”, et l’omniprésence des applications de rencontre nourrit une illusion de choix qui, paradoxalement, complique encore plus la formation de liens affectifs stables.

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Pourquoi parle-t-on d’“hétérofatalisme”

Le concept d’“hétérofatalisme” vient des travaux universitaires du chercheur américain Asa Seresin en 2019. Inspiré du terme “hétéropessimisme”, il renvoie à une rupture symbolique avec les représentations traditionnelles de l’hétérosexualité, vécue non comme une simple préférence mais comme une expérience souvent insatisfaisante et douloureuse. Il s’agit moins d’un rejet radical de l’hétérosexualité que d’un constat de désillusion face à la qualité des relations vécues.

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J’ai longtemps été amoureuse de l’amour, je me suis trompée

Dans un témoignage personnel publié par le magazine italien D (La Repubblica delle Donne), Carolina Bandinelli raconte comment sa passion romantique pour l’amour l’a conduite à multiplier les relations, toujours à la recherche de l’idéal affectif appris dans les livres et les films. Cette histoire illustre la tension entre les attentes culturelles romantiques et la réalité des relations modernes, et elle sert de miroir à une génération qui remet ces attentes en question.

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