Vingt-deux ans après les faits, la vérité va-t-elle enfin émerger ? Dix personnes, survivants et familles de victimes, du bombardement sur le cantonnement militaire français de Bouaké, en Côte d’Ivoire, le 6 novembre 2004, ont déposé plainte, mardi 1er septembre, au tribunal judiciaire de Paris. Leur but : comprendre comment, et avec quelles complicités éventuelles, les auteurs de l’attaque aérienne, qui avait provoqué la mort de neuf soldats français et d’un civil américain, et fait 38 blessés, ont réussi à s’enfuir après leur arrestation au Togo et leur signalement aux autorités françaises.
La plainte vise Robert Montoya, un ancien gendarme de la cellule antiterroriste de l’Elysée, bien connu dans les réseaux de la « Françafrique ». Installé sur le continent africain depuis une vingtaine d’années, il était vendeur d’armes au Togo au moment des faits. Aujourd’hui, cet homme, qui fut notamment conseiller spécial du président ivoirien Laurent Gbagbo (2000-2011), vivrait entre Lomé et Alger.
Né en 1948 à Sidi Bel Abbès (Algérie), Robert Montoya aurait d’abord fourni à la Côte d’Ivoire les avions de type Soukhoï-25 ayant bombardé Bouaké. « Les deux tiers des marchés militaires de la Côte d’Ivoire entre 2002 et 2004 ont transité par Darkwood, sa société basée à Lomé », indiquait un rapport de l’ONU du 7 novembre 2005. Mais la fourniture de ces avions n’était pas illégale, puisque l’embargo sur les livraisons d’armes à la Côte d’Ivoire a été décrété après les faits, en novembre 2004.
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