La scène avait tout du rituel diplomatique bien huilé. À Omsk, ville portuaire située en Sibérie occidentale, lors du 22e Forum de coopération russo-kazakh du samedi 25 juillet, le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, déroulait son propos. Il évoquait pêle-mêle les chiffres du commerce bilatéral, les promesses d’investissements, le développement du système de transport et de logistique, ainsi que la mise en œuvre de projets communs, notamment la construction de la première centrale nucléaire du pays. Rien ne laissait présager d’une quelconque “sensation”, raconte le média kazakh Exclusive.kz. Jusqu’à la fin de son intervention, quand le président kazakh a suggéré de “geler” le conflit russo-ukrainien et de “revenir à la formule d’Istanbul 2.0 – une référence aux négociations entamée à Istanbul peu après le début de la guerre.

Des propos formulés en Russie devant Vladimir Poutine, qui prennent une tout autre épaisseur, estime la presse en ligne locale. Le site d’opposition kazakh Masa.kz rapporte que Tokaïev a d’abord pris soin de peser ses mots, tout en précisant que le Kazakhstan ne comptait pas jouer les médiateurs. “Depuis le début, j’ai dit qu’il s’agissait d’un conflit interétatique. Il ne s’agit pas d’une quelconque guerre civile”, a-t-il lancé, avant d’ajouter