Ils ont vu leurs dirigeants être emprisonnés, leurs bureaux fermés et leur mouvement attaqué à de multiples reprises. Mais cinq ans après que Kaïs Saïed s’est octroyé les pleins pouvoirs et a entrepris de démanteler les institutions démocratiques tunisiennes, les partisans d’Ennahda l’affirment : le premier mouvement islamiste du pays se prépare à renaître de ses cendres.

Pour nombre de ses jeunes membres, ces années de répression ne marquent pas le crépuscule du parti, mais une énième étape de son existence, jalonnée par les emprisonnements, l’exil et la persécution politique. Cet épisode a poussé le mouvement à faire face à ses erreurs, assurent-ils, à renouveler sa direction et à se préparer à un avenir sans Kaïs Saïed.

“L’idée qu’Ennahda serait vaincu et que les Tunisiens ne voudraient plus de l’islam politique est fausse”, soutient Ahmed, 23 ans, originaire d’Ettadhamen, quartier populaire de la banlieue de Tunis et bastion historique des mouvements islamistes.

Selon lui, de plus en plus de jeunes réclament un mouvement ancré dans l’islam, un mouvement qui ferait écho à leur identité et prêt à se battre pour les musulmans opprimés du monde entier. “C’est une renaissance, nous allons nous relever.”

Son optimisme tranche fortement avec la situation délicate dans laquelle se t