Du jamais vu.* Les pompiers français l’ont répété sans cesse aux micros des chaînes de télévision : ils n’ont jamais rien connu de pareil. Un feu qui produit ses propres éclairs et ses rafales de vent, un brasier quasi incontrôlable malgré les milliers de professionnels mobilisés et les avions venus de toute l’Europe, dont la chaleur est telle qu’elle fait s’évaporer des tonnes d’eau. Qui dégage tant de fumée que plusieurs centaines de milliers de Françaises et de Français ont respiré un air chargé de monoxyde de carbone, d’oxyde d’azote et de particules fines, et ressorti les masques FFP2 pour tenter d’éviter suffocations et crises d’asthme. Qui fait pleuvoir des cendres en quantité hors norme. Du jamais vu.*

En Allemagne non plus, nous n’avons jamais connu de tels mégafeux, ces arbres qui s’embrasent en l’espace de quelques secondes, telles d’immenses allumettes.

Nous pouvons remercier la France d’avoir toujours un temps d’avance dans la crise climatique, de subir les catastrophes avant nous. L’Hexagone est comme une boule de cristal, témoin de ce qui attend ses voisins du Nord dans un avenir proche – peut-être même dès cet été ou cet automne.

Inondations, sécheresses, pénuries d’eau, virus – chikungunya et dengue, entre autres –, canicules mortelles… La France est plus dureme