Vladimir Poutine l’a lui-même reconnu : les attaques des drones ukrainiens cet été sur les infrastructures à travers la Russie, principalement sur les raffineries, ports et dépôts pétroliers, mais aussi sur les entrepôts de géants de l’e-commerce ont fait mal à l’économie nationale. « Ils nous ont causé de réels dommages », a déclaré le chef du Kremlin le 1er septembre, en marge du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï, à Tianjin (Chine). Tout en assurant que « ce n’est pas un préjudice critique pour nous », il a pourtant précisé que « le préjudice global, selon nos estimations préliminaires, est assez important, environ 1 % du produit intérieur brut [PIB] ». En ciblant les raffineries, Kiev est notamment parvenu à provoquer une baisse de 20 à 30 % de la capacité de traitement du pétrole. Une première depuis le début de la guerre en Ukraine, en février 2022.
Cette déclaration est une rare reconnaissance par Vladimir Poutine de l’impact des frappes ukrainiennes et de la réalité des problèmes de l’économie russe, à la veille des élections législatives qui doivent se tenir du vendredi 18 au dimanche 20 septembre. Deux semaines plus tôt, mi-août, l’un des plus réputés économistes du pays venait pourtant d’être sèchement licencié pour avoir dit tout haut ce que beaucoup, dans les élites d’affaires, confient tout bas à Moscou. Lors d’une conférence, Andreï Klepach, économiste en chef de Vnesheconombank, la banque de développement, a mis en garde : les pressions exercées sur l’économie par la guerre risquent d’entraîner une « crise sociale » qui éclatera « au moment où personne ne s’y attendra particulièrement ». Il a expliqué que « la Russie est à la traîne » face à la Chine et aux Etats-Unis et même, « à certains égards », face à l’Ukraine. « Nous nous berçons d’illusions en pensant que tout va s’effondrer là-bas », a alerté Andreï Klepach qui, dans une interview au Monde, le 1er juillet 2025, avait déjà été l’un des premiers, à Moscou, à prévenir publiquement que la Russie est entrée en stagnation.
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