Le Haut-Commissariat de l’Organisation des Nations unies (ONU) aux droits de l’homme (HCDH) a mis à jour sa liste recensant les entreprises en lien avec les colonies israéliennes, considérées comme illégales au regard du droit international, vendredi 25 septembre. Elles sont au nombre de 214 et la plupart sont israéliennes.
Dans le détail, Airbnb, Booking, Expedia, Motorola et Trip Advisor continuent de figurer dans cette base de données. Cette liste, non exhaustive, est régulièrement mise à jour, avec l’ajout et le retrait d’entreprises, et est contestée par Israël. Cinq entreprises ont été retirées de la liste par rapport à l’année 2025, une israélienne, deux espagnoles, une canadienne et une portugaise. Deux entreprises françaises figurent sur la liste, les mêmes qu’en 2025 : Egis et sa filiale Egis Rail.
« Ce rapport rappelle une fois de plus aux entreprises qu’elles ont des responsabilités en matière de droits de l’homme », a déclaré le haut-commissaire du département du secrétariat de l’ONU, Volker Türk, cité dans un communiqué. Il leur rappelle « qu’elles sont tenues de faire preuve de diligence raisonnable pour s’assurer qu’elles ne sont pas impliquées dans des violations ou atteintes aux droits de l’homme », a-t-il ajouté.
Israël dénonce « un outil politique pour mener une campagne de dénigrement »
C’est en 2020 que cette liste avait pour la première fois été publiée par le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme. Elle faisait suite à une résolution du conseil des droits de l’homme, votée en mars 2016, demandant l’établissement d’« une base de données de toutes les entreprises impliquée dans les activités » liées notamment à la construction et au développement des colonies israéliennes en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est.
Dans un communiqué envoyé à l’Agence France-Presse, la représentation d’Israël auprès de l’ONU à Genève a dénoncé la base de données, affirmant que ce « mécanisme (…) a été établi dans le seul but de persécuter l’Etat juif et n’a aucun équivalent dans le monde ». C’est « un outil politique utilisé par le Haut-Commissariat pour mener une campagne de dénigrement contre des entreprises qui n’ont commis aucun acte répréhensible ».
L’occupation des territoires palestiniens par Israël est considérée comme illégale par les Nations unies. Lors de la publication de la première liste en 2020, le Haut-Commissariat avait précisé qu’elle « ne constitue pas, et n’entend pas constituer, un processus judiciaire ou quasi judiciaire », en référence implicite aux craintes israéliennes de la voir servir de base à des campagnes de boycott.