La dernière fois que Marelvis Rodríguez a vu son fils, Ricardo Martínez, celui-ci sortait d’une dure journée de labeur comme journalier dans une zone rurale du Magdalena, sur la côte caraïbe colombienne. Avec sa paie, il lui avait demandé de l’accompagner acheter une montre et des habits, raconte-t-elle à Revista Raya. Ses derniers achats.

Une semaine plus tard, le 21 septembre, le jeune homme de 18 ans a été tué lors d’une opération de police contre les Autodefensas Conquistadoras de la Sierra Nevada (ACSN), un important groupe paramilitaire de la région depuis les années 1990.

Lors de son enterrement, dans une maison en construction située à la périphérie de la ville de Santa Marta, “seule une quinzaine de personnes l’ont pleuré”, rapporte Revista Raya. Pas de fanfare ni d’hommes tirant en l’air, comme lors des funérailles de José Pérez Villanueva, numéro deux des ACSN, également abattu dans l’opération.

En Colombie, la mort de Ricardo Martínez fait craindre le retour des “faux positifs”, une pratique consistant à faire passer des civils abattus par les autorités pour des membres de groupes paramilitaires. Dans un pays en guerre depuis plus de soixante ans, ces exécutions extrajudiciaires alimentent la défiance à l’égard des forces armées colombiennes.

“Tu as tué mon fils”

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