Au Japon, The Japan Times raconte comment des parents étrangers parviennent à transmettre leur langue à leurs enfants, en privilégiant la lecture, les échanges et le plaisir plutôt que la contrainte. Le quotidien anglophone note par ailleurs que “le nombre de résidents étrangers au Japon continue d’augmenter – il a dépassé les 4 millions l’an dernier”. Les experts interrogés semblent tous d’accord : rien ne sert de forcer les enfants, d’être rigide ou de les inscrire dans des écoles internationales hors de prix. En revanche, le fait de lire et de leur permettre de jouer et de se faire des amis avec lesquels parler dans la langue de leur parent fait vraiment la différence. Janice Nakamura est polyglotte et professeure de linguistique à l’université de Kanagawa. Elle essaie de rassurer les parents sur de possibles retards dans une des langues (ou les deux), car tout finit toujours par se rattraper. Son conseil est de rejoindre des groupes composés de familles parlant la langue que l’on souhaite transmettre, si on n’a pas pu maintenir des liens avec les proches restés au pays. Sa consœur Midori Inagaki, professeure associée à l’université Juntendo, spécialiste de politique linguistique et chroniqueuse au Japan Times, insiste aussi sur l’importance de commencer tôt mais de ne pas mettre trop de pression aux enfants :

“Ils n’apprennent jamais parce que leurs parents les y obligent.”

Point crucial : transmettre une langue, ce n’est pas transmettre uniquement un vocabulaire et une syntaxe, mais aussi une culture et une façon de penser.

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Cette approche est confortée par le magazine américain Psychology Today, qui souligne les bénéfices cognitifs, économiques, sociaux et culturels du bilinguisme. D’ailleurs, dans le monde, “parler plusieurs langues est la norme plutôt que l’exception”. Psychology Today dresse la liste des avantages du multilinguisme : des facilités pour “l’observation, la capacité à accomplir plusieurs tâches en même temps, la résolution de problèmes”, mais aussi “une mémoire de travail plus importante, un jugement plus fin, une meilleure santé neurologique et cognitive, des revenus généralement plus élevés”. Bref, il serait absurde, à ce compte, de renoncer à transmettre sa langue à ses enfants ou à ne pas les encourager à apprendre des langues étrangères. Après tout, conclut le magazine, “chaque langue sur Terre est une autre façon d’être humain, une autre façon d’être vivant”.