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Comment King’s Cross, quartier autrefois sulfureux de Londres, est devenu un pôle européen de l’IA autour de DeepMind
Par Julie Zaugg (Londres, correspondance)DécryptageLe Royaume-Uni revendique le titre de première puissance d’Europe en matière d’intelligence artificielle. A Londres, un écosystème s’est constitué dans le quartier de King’s Cross autour de la société DeepMind, filiale de Google.
Laura Jensen apparaît à l’écran, décrivant le scénario du jour, ce 4 août : un cadre doit interroger une employée sur ses absences à répétition. « J’ai remarqué que vous arrivez systématiquement en retard et que vos résultats en souffrent », débute le cadre. « Je suis un peu surprise, répond l’employée. Mon équipe a atteint ses objectifs en juin. » Laura Jensen attribue une note de 53 % à l’interaction : le cadre aurait dû se montrer plus précis et proposer un plan d’action assorti d’une date butoir.
Laura Jensen est une assistante virtuelle qui mène des séances de coaching alimentées par l’intelligence artificielle (IA). Le logiciel, Roleplay, a été mis sur le marché en juillet par Synthesia, une start-up fondée en 2017 à Londres par les Danois Victor Riparbelli et Steffen Tjerrild. La société, valorisée 4 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros) en janvier, occupe des bureaux lumineux et branchés, complétés par une cafétéria servant de la street food et un baby-foot, à quelques pas de King’s Cross.
Cet ancien site industriel du nord-est de Londres bordé par trois gares, autrefois connu pour ses rave-parties illégales et comme lieu de prostitution, a vécu une mue radicale à partir de 2007, lorsque le promoteur immobilier Argent et le fonds de pension australien AustralianSuper ont entamé des travaux de régénération. Il est aujourd’hui le centre de gravité informel de l’écosystème britannique dévolu à l’IA, avec pour centre de gravité DeepMind, la filiale spécialisée de Google, qui s’y est installée en 2016.
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