Ce fut un moment de bascule, y compris pour l’extrême droite, dans les démocraties occidentales. Les attentats terroristes du 11 septembre 2001 menés par Al-Qaida contre le World Trade Center, à New York, et contre le Pentagone, à Arlington, (Virginie), près de Washington, ont profondément changé le logiciel de cette famille politique, notamment en France. Après la chute des tours jumelles, une reconfiguration intellectuelle a lieu au sein des droites radicales. Ces formations politiques ont la particularité d’être plastiques, d’épouser les humeurs du moment. Les attentats islamistes de 2001 ont confirmé cette règle.
Longtemps dominant chez les plus radicaux, le racisme hiérarchisant laisse alors la place à un racisme « culturel » qui s’identifie à la théorie du choc des civilisations. Les attaques se concentrent non plus contre l’immigration, mais de façon plus précise contre l’islam et les musulmans, peu importe leur nationalité. Ces derniers sont accusés de constituer une sorte de cinquième colonne, leur culture étant « incompatible » avec les sociétés occidentales. L’islam se voit désormais considéré comme une religion politique, à la logique guerrière, et conquérante.
En France, c’est le courant identitaire qui illustre le mieux la mue de l’extrême droite post-11-Septembre. Issus des mouvements nationalistes-révolutionnaires (NR), ses membres se disent à la fois nationalistes, anticapitalistes, anticommunistes, antiaméricains par rejet du système libéral et du « cosmopolitisme », violemment antisionistes, et fortement influencés par la nouvelle droite, l’école de pensée prônant notamment l’antiégalitarisme et le racialisme. Les identitaires apparaissent juste après les attentats de 2001 et défendent des positions non seulement anti-immigrés, mais islamophobes.
Ils se feront connaître au début des années 2010 par leurs actions contre des chantiers de mosquées, l’organisation d’« apéros saucisson-pinard » contre les prières de rue musulmanes, ou encore des « assises de la remigration » et des « assises contre l’islamisation ». On retrouve aujourd’hui plusieurs de leurs anciens dirigeants autour d’Eric Zemmour, le président de Reconquête !, ou de la députée européenne Marion Maréchal. Tous deux développent d’ailleurs un discours très hostile à l’islam.
Il vous reste 60.84% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !