L’un des grands succès du box-office russe ces dernières années est un court-métrage de trois minutes sur un atelier d’artistes de la région de Tver, ironise le site Verstka. Car derrière ces 800 millions de roubles (environ 8 millions d’euros) de recettes cumulées depuis 2024 se trouvent en réalité de grandes productions hollywoodiennes, explique ce média russe indépendant en exil.

En 2022, en réaction à l’invasion de l’Ukraine par Moscou, cinq studios majeurs américains ont décidé de quitter le marché russe : Disney, Warner Bros., Sony, Universal et Paramount, qui, ensemble, représentaient auparavant 80 % du secteur. Pour compenser cette perte, une véritable industrie de “l’exploitation de l’ombre” s’est constituée ces quatre dernières années, détaille Verstka dans une longue enquête parue début octobre.

Le site pétersbourgeois Fontanka résume la pratique de cette manière : “Le spectateur achète un billet pour un film russe officiel – le plus souvent un court-métrage ayant un visa d’exploitation – tandis que le cinéma projette en amont gratuitement une nouveauté étrangère présentée comme du ‘matériel promotionnel’ ou un ‘produit cinématographique’.” Résultat : “L’argent que les spectateurs russes ont dépensé pour Avatar, L’Odyssée ou Spider-Man se retrouve comptabilisé dans le