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L’article de la semaine

À lire aussi : Reportage. Dans la guerre hybride menée par la Russie contre l’Europe, les migrants sont des pions

Pourquoi cet article

Cette semaine nous vous proposons de prolonger notre réflexion sur la guerre hybride menée par la Russie contre l’Europe. Dans ce reportage, publié dans le Washington Post, le journaliste américain Jim Geraghty a suivi une patrouille de l’armée polonaise le long du mur érigé à la frontière avec la Biélorussie.

Cet article illustre à la fois le thème 3 du programme de première consacré aux frontières, puisqu’il montre comment la frontière orientale de l’Union européenne s’est transformée en véritable ligne de front ; et le thème sur les conflits en terminale, car il se penche sur l’une des armes de la guerre hybride : l’instrumentalisation des flux migratoires.

S’il ne fallait retenir qu’une citation

“Ce nouveau rideau est conçu pour empêcher les migrants du tiers-monde d’entrer – car ils sont devenus des pions fort pratiques pour Vladimir Poutine dans sa volonté de déstabiliser les pays libres qui ont le malheur d’être ses voisins.”

Selon les chiffres du gouvernement polonais, en 2021 près de 40 000 personnes avaient tenté d’entrer clandestinement en Pologne. Venues de Syrie, de Somalie, d’Iran, d’Afghanistan ou d’Inde, nombre d’entre elles disposaient d’un visa russe. Ce n’est pas un hasard : la Russie et son allié biélorusse ont fait venir ces migrants pour les pousser vers l’Union européenne, en représailles aux sanctions prises par Bruxelles contre les régimes russe et biélorusse.

Les États du flanc oriental de l’Otan parlent depuis de “migration militarisée”. On peut la définir comme l’utilisation délibérée par un État de flux de migrants pour exercer une pression sur un autre État : saturer ses capacités d’accueil, diviser son opinion publique et fragiliser ses institutions. Comme le montre la citation que nous avons choisie, les migrants deviennent ici les pions d’une stratégie qui les dépasse.

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