Déjà, à l’époque, tout avait commencé par des images. Celles de silhouettes de personnes souvent noires ou arabes arrivant trempées sur un confetti d’Europe baigné par la Méditerranée. En septembre 2023, l’île italienne de Lampedusa était abordée en quelques jours par plus de 10 000 exilés partis des côtes tunisiennes à bord de petites embarcations, dans un contexte diplomatique tendu entre l’Europe, l’Italie et la Tunisie sur le dossier migratoire. Cet afflux soudain, inattendu et jamais vraiment expliqué, avait donné lieu à des images propres à illustrer, sur les réseaux sociaux, l’idée d’une « submersion migratoire », circulant dans de lointaines capitales, tandis que, sur l’île, la situation revenait progressivement à la normale.
Portée au pouvoir l’année précédente en promettant la fin des arrivées clandestines, Giorgia Meloni sera contestée jusque dans sa coalition du fait de cet épisode pouvant passer pour un échec de sa politique migratoire. Elle s’était soudain trouvée dans une position peu enviable. Mais, sollicitant la solidarité des Européens pour sortir de la crise par le haut, cette ex-eurosceptique avait fini par obtenir le soutien de Bruxelles et de ses partenaires, malgré un moment de flottement.
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