Le syndicat IG Metall a appelé les salariés de l’industrie automobile allemande, confrontée à une profonde crise, à se mobiliser, lundi 21 septembre, pour défendre les emplois et les sites de production. Plus de 100 000 participants sont attendus à quelque 200 rassemblements à travers le pays.
La mobilisation concerne les salariés de Volkswagen, qui a fortement abaissé, vendredi, ses prévisions de bénéfices pour 2026, mais aussi ceux de Mercedes-Benz, de BMW et des équipementiers, également frappés par la crise.
Le secteur de l’automobile allemand est confronté à une demande atone, à une progression plus lente qu’espéré des ventes de voitures électriques et à la concurrence féroce des constructeurs chinois.
Ces manifestations se tiennent aussi au lendemain de deux revers électoraux majeurs pour le camp conservateur du chancelier, Friedrich Merz, battu dimanche par le parti d’extrême droite AfD dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, et par le parti de gauche radicale Die Linke à Berlin.
Une mobilisation sectorielle inédite
Ces résultats fragilisent davantage la position du chef du gouvernement, et l’obligent à accélérer les réformes pour mettre fin aux difficultés économiques du pays. Dans un communiqué, IG Metall réclame des responsables politiques « une meilleure protection contre la concurrence déloyale en provenance de Chine », « une politique de subventions de l’UE plus efficace », ainsi que la réduction des coûts de l’énergie.
Wolfgang Schroeder, politologue à l’université de Cassel et spécialiste des relations sociales, a estimé auprès de l’Agence France-Presse que ces manifestations témoignaient d’une véritable inquiétude quant à l’avenir du secteur.
« Une mobilisation nationale qui n’est liée ni à des négociations salariales ni à des conflits spécifiques dans une entreprise, mais à tout un secteur et à ses problèmes, c’est plutôt nouveau », a-t-il déclaré.
Baisse drastique des prévisions de rentabilité
La présidente du syndicat, Christiane Benner, a insisté sur l’importance du conflit en cours chez le géant Volkswagen, où un accord historique a été trouvé au début de septembre pour supprimer jusqu’à 100 000 emplois d’ici à 2030, soit 50 000 de plus que prévu jusqu’alors.
« VW doit enfin redevenir à la hauteur de sa responsabilité d’employeur social. Le changement ne peut se faire qu’avec le personnel, pas contre lui », a-t-elle plaidé.
La crise chez le constructeur l’a contraint à revoir drastiquement à la baisse sa prévision de rentabilité pour 2026, tablant désormais sur une marge opérationnelle pouvant atteindre 1 %, contre 4 % à 5,5 % auparavant, en raison notamment de difficultés sur le marché chinois et d’importants coûts de restructuration.
Ses concurrents, Mercedes-Benz et BMW, sont eux aussi engagés dans des programmes d’économies et de réduction de leurs effectifs, sur fond de pression croissante pour abaisser leurs coûts de production face à la concurrence chinoise.