“[Samedi 26 septembre], à 18 h 30, sur une Puerta del Sol [célèbre place de Madrid] bondée de manifestants, le camion qui ouvrait le cortège arborait une immense photo de Maricarmen.” Cette octogénaire “aux cheveux courts”, décrit El País, a été expulsée de son appartement madrilène de toujours par “un fonds vautour”, le 23 septembre. Elle incarne désormais “le symbole de la crise du logement dont souffrent de nombreux habitants dans les villes d’Espagne”, assure le journal de centre gauche espagnol.

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“Beaucoup d’entre eux sont Madrilènes”, poursuit El País. Et beaucoup d’entre eux − 25 000, selon les autorités − ont battu le pavé dans la capitale espagnole, samedi, pour s’insurger contre cette situation. “La rue fait monter la pression en faveur d’un accord d’urgence sur le logement”, titre le grand quotidien généraliste, ce dimanche 27 septembre, pour rendre compte du rassemblement madrilène de la veille et faire comprendre aux responsables politiques qu’ils doivent agir.

“Des loyers exorbitants”

Le cortège “était rempli de jeunes brandissant avec colère les clés de leur appartement pour protester contre des loyers exorbitants qui leur pourrissent la vie, de militants appelant à ‘okupar’ [squatter] des logements vides, mais aussi des familles avec enfants, des quadragénaires paisibles propriétaires et pourtant solidaires des générations futures, des retraités menacés par la flambée des prix des loyers”, liste El País.

Dans la soirée, une centaine de personnes ont installé des tentes sur la Puerta del Sol pour y passer la nuit. Une initiative qui rappelle le “15-M”, relève El País. Le quotidien se réfère au mouvement des indignés, né le 15 mai 2011 sur cette même Puerta del Sol et qui incarnait à l’époque le ras-le-bol général de la société civile espagnole, dans un contexte marqué par les retombées de la crise financière de 2008.

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Face à ce nouveau mécontentement populaire, le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez est sommé d’agir, dans un pays où le “déséquilibre” entre l’offre et la demande “a fait flamber les prix” et rendu le marché de l’immobilier “inaccessible” à une grande partie de la population, explique El País dans son édito du 27 septembre.

D’après le journal proche du Parti socialiste (PSOE) de Sánchez, le gouvernement, qui ne bénéficie pas d’une majorité stable au Parlement, doit mettre en œuvre une batterie de mesures visant entre autres “à limiter les expulsions” (semblables à celle vécue par Maricarmen) et à simplifier les démarches administratives liées aux permis de construire afin d’accélérer la création de logement.

Aux yeux d’El País, ce serait “un premier pas pour sortir de l’impasse”, mais très loin d’être suffisant pour résoudre la crise.