Lorsque la cloche finale a retenti, le kickboxeur a semblé faire à deux reprises le salut nazi depuis le ring. Il s’est lancé ensuite dans une diatribe ponctuée de jurons à l’encontre de son adversaire juif. Pendant ce temps, un homme dans la foule agitait triomphalement un drapeau orné d’une croix gammée.” C’est avec ces mots choquants que la journaliste du Washington Post introduit son récit sur un combat pour le moins lunaire. Ce dernier, qui s’est tenu le 29 août à Orlando, en Floride, voyait s’affronter Paul Miller et Ben Azoulay. Deux athlètes qui n’avaient manifestement pas été mis face à face seulement pour leurs qualités sportives.

Comme le détaille le quotidien américain, en effet, “Miller s’est constitué une communauté de fans en ligne grâce à la diffusion en direct de propos racistes et antisémites à l’encontre d’inconnus. Il a purgé une peine dans une prison fédérale pour des infractions liées aux armes à feu et, selon les procureurs, a prôné une ‘guerre civile fondée sur la race’. Son adversaire, Ben Azoulay, un influenceur juif, “vend des cours en ligne sur la manière d’accéder à une ‘richesse illimitée’ et a publié des vidéos en soutien aux frères Tate, qui ont bâti un immense empire sur les réseaux sociaux prônant l’hypermasculinité et font aujourd’hui l’objet d’accusations de trafic sexuel et de viol”. Avant l’événement, Azoulay et le rabbin d’Orlando avaient prié ensemble, et l’homme avait déclaré qu’il se battait pour Israël et le peuple juif.

Le combat entre ces deux individus a été promu par l’organisation privée Duel Arena. Mais, problème, ce dernier s’est déroulé dans une structure publique, à savoir le Kia Center, une structure gérée par la ville d’Orlando, où se déroulent notamment les matchs de l’équipe NBA des Magic d’Orlando. Le combat avait même été promu dans un site web lié à la ville.

Suffisant pour choquer une partie de la population d’Orlando, ce qui a poussé la commune à se défendre en publiant un communiqué relayé par le site d’information de la chaîne locale Fox 35 Orlando.La ville est tenue de gérer ses lieux conformément aux lois et réglementations fédérales, régionales et locales, qui ne nous permettent pas de prendre des décisions de réservation en fonction du contenu ou de la ligne éditoriale d’un événement”, peut-on lire dans ledit communiqué.

“Nous condamnons tout discours de haine”

Une défense d’ordre légal donc, mais qui a tout de même été complétée par un rappel indiquant que la ville n’approuve pas “le message véhiculé lors de l’événement de samedi”, qu’elle “condamne tout discours de haine et de discrimination”, et que le drapeau orné d’une croix gammée a été “retiré dès qu’[il avait été] brandi”. Pas sûr que cela suffise à faire cesser les polémiques sur le combat remporté par Paul Miller, mais lors duquel, in fine, tout le monde a perdu.