Pour la plupart des gens, passer vingt-deux heures à traverser l’entièreté du réseau de métro de la ville de New York est une définition de l’enfer. Pour Enzo Wu, ce serait un rêve devenu réalité.

À 17 ans, Wu est ce qu’on appelle un “speedrunner” du métro, soit un usager du genre obsessionnel qui s’est donné pour objectif de passer par toutes les stations d’un réseau donné en un minimum de temps. Ses condisciples et lui passent des heures à analyser les horaires des trains pour définir le trajet le plus rapide. Pour réussir, il faut renoncer aux pauses pipi, disposer d’une sorte de chronomètre interne infaillible et compter sur la chance pour qu’aucun retard ne vienne perturber le bon déroulement du plan.

Son assiduité l’a propulsé au sommet de son art. Il est codétenteur du record sur le réseau de trains de la région de San Francisco, le Bay Area Rapid Transit (BART). Mais dans sa quête de gloire, il est aussi devenu un personnage controversé de la communauté des speedrunners. Son crime : il a un jour utilisé un vélo.

Les gens se mettent au speedrunning pour toutes sortes de raisons. Joabe Barbosa, étudiant en thèse de psychologie qui détient le record du monde de speedrun pour le métro de Chicago, explique que c’est un moyen de laisser parler l’explorateur qui est en lui. Anc