Une quarantaine de femmes enlevées dimanche 27 septembre à Yargada, dans le nord du Nigeria, au moins 47 agriculteurs kidnappés la veille à Mariga, à 350 kilomètres plus au Sud : ces bilans, dressés par des sources sécuritaires locales, témoignent de l’ampleur que prennent les enlèvements de masse dans le nord du Nigeria ces dernières années. Selon un bilan fourni par SBM Intelligence, un cabinet de conseil basé à Lagos, dans un rapport publié fin août, 7 825 Nigérians ont été kidnappés, tantôt par des groupes criminels locaux – appelés localement « bandits » –, tantôt par des djihadistes, entre juillet 2025 et juin.
Samedi, les villageois de Mariga, une localité située dans l’Etat du Niger, récoltaient leurs arachides lorsque des hommes armés ont fait irruption et kidnappé au moins 47 personnes. Si, comme souvent, ce rapt opéré par un gang local n’a pas été revendiqué, plusieurs sources sécuritaires y voient la signature d’un certain Dogo Gide, un des seigneurs de guerre les plus actifs dans le septentrion nigérian.
Pour Ayomide Akinwale, analyste à SBM Intelligence, ses hommes auraient enlevé les agriculteurs – dont de nombreuses femmes – en guise de représailles, après le refus ou l’incapacité des villageois à payer une taxe que les bandits imposent aux civils dans le Nord, lors de la saison des récoltes. « En cas de non-paiement, ils peuvent détruire leurs terres ou procéder à des enlèvements de masse avec comme objectif de les empêcher de récolter ce qu’ils ont semé », précise-t-il.
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