“L’intérêt de la justice et le caractère définitif de l’exécution imminente de Pike imposent d’ordonner un bref sursis à l’exécution afin d’analyser comme il se doit les arguments des parties, qui ont été exposés de manière exhaustive dans leurs mémoires.” C’est à travers cette déclaration, relayée par The New York Times, que la juge Jane B. Stranch a ordonné la suspension provisoire de la mise à mort de Christa Pike. Âgée de 50 ans, cette femme originaire de Virginie-Occidentale avait été condamnée à mort en 1996, à l’âge de 20 ans, pour meurtre au premier degré et actes de torture commis l’année précédente sur sa camarade de classe Colleen Slemmer. Cette dernière n’avait que 19 ans, tandis qu’à l’époque des faits, Christa Pike était âgée de 18 ans seulement.

Aux États-Unis, le cas de Christa Pike a aussi défrayé la chronique en raison du fait que si la peine capitale avait été exécutée comme prévu aujourd’hui, “elle aurait été la première femme exécutée dans le Tennessee depuis plus de deux cents ans”, fait savoir le quotidien new-yorkais, et la première femme mise à mort aux États-Unis depuis 2023.

L’exécution aurait dû avoir lieu à 10 heures à Nashville, capitale de l’État, mais toujours selon le journal de la Grosse Pomme, les avocats de Pike ont réussi à obtenir la suspension grâce à “une campagne acharnée de dernière minute faisant valoir que sa défense lors de son premier procès n’avait pas tenu compte de son passé marqué par des abus sexuels et de la négligence subie pendant son enfance”. Ses défenseurs ont notamment fait valoir que Pike a été violée par un voisin à 11 ans, et à nouveau à 17 ans par un inconnu. Ils ont également présenté des preuves détaillées indiquant que la mère de Pike buvait beaucoup pendant sa grossesse, ce qui, selon eux, a contribué à des lésions cérébrales qui ont par la suite été associées au diagnostic de trouble bipolaire de Pike.

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Comme une preuve du degré d’importance symbolique qu’avait pris cette affaire, le New York Times rappelle que “des manifestants, tant en faveur qu’en défaveur de la peine de mort, s’étaient réunis à l’extérieur de l’établissement pénitentiaire de haute sécurité” où aurait dû être exécutée Christa Pike ce mercredi 30 septembre.

De son côté, The Washington Post souligne également que “parmi les trois adolescents présents lors du meurtre en 1995, Pike a été la seule à écoper de la peine capitale. Son petit ami, Tadaryl Shipp, ne pouvait pas être condamné à mort, car il avait 17 ans. Il a été condamné à la prison à perpétuité et peut désormais bénéficier d’une libération conditionnelle. L’autre adolescente, Shadolla Peterson, a témoigné contre Pike et Shipp et a été condamnée à une peine avec sursis.”

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Plus loin, le quotidien de la capitale rappelle les faits qui sont reprochés aux trois adolescents. “D’après les documents judiciaires et les témoignages présentés au procès, la victime a été battue, torturée et lacérée à plusieurs reprises à l’aide d’un couteau. Pike a reconnu lui avoir tranché la gorge et avoir prélevé un fragment de son crâne en souvenir, comme le montrent les dossiers.” Selon les procureurs, “Pike pensait que la victime s’intéressait à son petit ami”, conclut le Washington Post.