La jeune fille à la barre, A. D., a fêté ses 18 ans voilà quelques mois. Elle a été arrêtée dimanche soir [18 octobre], au moment où des centaines de jeunes écumaient Paris entre République et les magasins de la rive gauche, brûlant des poubelles et pillant des boutiques de luxe. A. D. est accusée d’avoir volé quatre sacs à main dans une boutique Yves Saint-Laurent non loin de Saint-Germain. Elle a été arrêtée dans le métro pendant qu’elle était en train de courir avec d’autres jeunes. “Malheureusement pour elle, elle n’a pas couru assez vite”, commente à son sujet la juge qui préside les audiences des comparutions immédiates, une procédure d’urgence qui permet d’envoyer directement les gardés à vue du commissariat au palais de justice.

La jeune fille est visiblement éprouvée. Par ses quarante-huit heures de garde à vue, par l’attente interminable avant de comparaître devant un magistrat ou de pouvoir voir un avocat. Par la foule des journalistes présents. Elle n’a pas de casier. Elle vit à Paris dans une communauté et a été victime de graves violences familiales par le passé.

“Il n’y a donc pas de cervelle entre ces deux oreilles ?”

Elle reconnaît les faits, confesse qu’elle prévoyait de revendre les sacs sur Vinted pour gagner trois sous. La juge lui demande les raisons qui l’