Livre. Le conflit israélo-palestinien est exceptionnel à plusieurs titres. Exceptionnel au sens où il présente des caractéristiques qui le distinguent de tous les autres. Par exemple, il a longtemps été, avant que les victimes se comptent par milliers à partir des années 2010, le seul conflit au monde où l’on recensait le nom de chaque victime, qu’elle soit israélienne ou palestinienne. Le seul, également, qui suscite un intérêt aussi intime et universel tout à la fois. Le seul où l’usage des mots et des symboles − les mains rouges, les triangles rouges, le slogan « du fleuve à la mer », l’apartheid, la colonisation, le génocide, etc. − est souvent plus important que la réalité de ce qui se passe sur le terrain, du moins dans le débat public occidental.
C’est, enfin, le seul conflit où l’on exige des victimes qu’elles montrent patte blanche et fassent preuve d’une impeccable rectitude morale et idéologique : il faut en effet que les victimes sur lesquelles il s’arrête, en l’occurrence les Palestiniens, soient « parfaites » pour avoir le droit d’être reconnues comme telles aux yeux de l’Occident. C’est en tout cas la thèse défendue avec vigueur par Mohammed El-Kurd dans son ouvrage, Perfect Victims (Les Liens qui libèrent, 288 pages, 19 euros).
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