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Culture

De l’altérité et de l’humanité

De l’altérité et de l’humanité Haiti Liberte (English) « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes », écrivaient Karl Marx et Friedrich Engels en 1847, dès les premières lignes du *Manifeste du parti communiste*. « Hommes libr

De l’altérité et de l’humanité
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(English)

« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes », écrivaient Karl Marx et Friedrich Engels en 1847, dès les premières lignes du *Manifeste du parti communiste*. « Hommes libres et esclaves, patriciens et plébéiens, seigneurs et serfs, maîtres de jurande et compagnons, en un mot, oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une lutte ininterrompue, tantôt cachée, tantôt ouverte, une lutte qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la ruine commune des classes en lutte. »
Aujourd’hui, près de 180 ans plus tard, nous assistons au stade impérialiste ultime du capitalisme occidental, marqué par la propagation de la guerre et des troubles à travers le monde. En Haïti, une lutte acharnée oppose la classe dirigeante — principalement des capitalistes américains et leurs serviteurs de la bourgeoisie compradore haïtienne — aux masses grouillantes du prolétariat, du lumpenprolétariat et de la paysannerie ; ces dernières sont exploitées, opprimées, appauvries, ruinées, déracinées, massacrées et marginalisées depuis plus d’un siècle.
Les masses haïtiennes ont tenté de mener des révolutions politiques par la voie des urnes en 1990 et en 2000, en élisant Jean-Bertrand Aristide, ancien prêtre issu de la théologie de la libération ; toutefois, ces deux tentatives ont été brisées par des coups d’État suivis d’invasions et d’occupations militaires étrangères. Le slogan qui a galvanisé ce mouvement Lavalas était « Tout moun se moun » (Tout le monde est une personne).
À présent, des groupes d’hommes issus des bidonvilles haïtiens et de zones rurales de plus en plus étendues ont pris les armes. Malgré les coalitions passées et présentes, chaque groupe armé de quartier demeure autonome, avec des niveaux de conscience politique et d’organisation variables. Certains luttent pour « obtenir ce qui leur revient », tandis que d’autres visent un « changement de système » et une révolution sociale, impliquant un transfert du contrôle de l’État et de la propriété des moyens de production.
La classe dirigeante qualifie tous les groupes armés qui ne sont pas à son service de « gangs », de « criminels » ou de « terroristes ». L’intellectuel haïtien Kervens Louissaint qualifie le gouvernement actuel d’Haïti d’« État affranchi » ; il désigne par là le règne de la bourgeoisie compradore dont les ancêtres — les affranchis (hommes libres propriétaires) — ont assassiné en 1806 le père de la nation, Jean-Jacques Dessalines, porteur d’une vision révolutionnaire et populaire pour la société haïtienne.
Reste à savoir si Haïti parviendra à une « refondation révolutionnaire de la société » ou si elle sombrera dans « la ruine commune des classes en lutte ». Toutefois, la transformation d’Haïti commence par la langue et la manière dont ses problèmes sont formulés. C’est ce qu’aborde Kervens Louissaint dans l’analyse qui suit.
Kim Ives

Aujourd’hui, je vous invite à penser à ceux que l’« État affranchi » classe, définit et réduit à un seul mot : « gang ».

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