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De la chaîne au bracelet électronique : Pierre Damas Bel et les fantômes d’une histoire qui refuse de mourir

Par : Vitalème ACCÉUS Il avait 20 ans. Il était Haïtien. Il était étudiant. Il rêvait d’éducation, de réussite et d’un avenir meilleur. Le 31 août 2026, la vie de Pierre Damas Bel s’est brutalement arrêtée sur l’Interstate 70, dans l’Ohio, après qu’il eut été percuté par

De la chaîne au bracelet électronique : Pierre Damas Bel et les fantômes d’une histoire qui refuse de mourir
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1 septembre 2026
De la chaîne au bracelet électronique : Pierre Damas Bel et les fantômes d’une histoire qui refuse de mourir
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De la chaîne au bracelet électronique : Pierre Damas Bel et les fantômes d’une histoire qui refuse de mourir

  • by Rezo Nodwes
  • 1 septembre 2026
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Par : Vitalème ACCÉUS

Il avait 20 ans. Il était Haïtien. Il était étudiant. Il rêvait d’éducation, de réussite et d’un avenir meilleur. Le 31 août 2026, la vie de Pierre Damas Bel s’est brutalement arrêtée sur l’Interstate 70, dans l’Ohio, après qu’il eut été percuté par un semi-remorque.

Les circonstances exactes de sa mort doivent être établies par l’enquête. Mais derrière ce drame se trouve une histoire qui mérite d’être racontée : celle d’un jeune migrant qui, selon ses proches et ses propres témoignages rapportés, vivait difficilement le port d’un dispositif électronique de surveillance lié à sa situation migratoire.

Pierre disait être venu aux États-Unis pour étudier, pas pour commettre un crime. Pourtant, il se retrouvait avec un appareil GPS attaché à la cheville, visible dans sa vie quotidienne et difficile à concilier avec l’image qu’il avait de son avenir universitaire.

Son histoire pose alors une question dérangeante : jusqu’où peut aller le contrôle administratif avant de devenir une forme d’humiliation publique ?

Il serait historiquement incorrect d’affirmer qu’un bracelet électronique est l’équivalent d’une chaîne d’esclave. L’esclavage fut un système économique, politique et racial fondé sur la propriété d’êtres humains, leur exploitation et la négation radicale de leur liberté.

Mais reconnaître cette différence ne doit pas nous empêcher d’interroger certaines survivances.Car l’esclavage ne fonctionnait pas uniquement par la chaîne et le fouet. Il reposait également sur une logique : identifier certains corps, les marquer, les surveiller, contrôler leurs déplacements et leur rappeler constamment leur position dans la société.

C’est cette logique du marquage qui doit aujourd’hui nous interpeller. Un dispositif électronique attaché à une cheville n’est pas invisible. Il peut devenir un signe social. Celui qui le porte risque de ne plus être regardé comme un étudiant, un voisin ou simplement un jeune homme, mais comme quelqu’un placé sous surveillance.

Et lorsque le contrôle administratif finit par modifier le regard que toute une société porte sur un individu, nous ne sommes plus seulement devant une question de technologie.
Nous sommes devant une question de dignité humaine.

Il existe dans cette tragédie une dimension historique particulièrement douloureuse.

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