Israël va vivre l’élection qui pourrait être la plus décisive de son histoire. Mais cette fois, ce qui se joue n’est pas tant le conflit avec les pays voisins ou les relations de l’État hébreu avec les Palestiniens.
L’enjeu essentiel de ces législatives, prévues pour le 27 octobre, est de savoir si Israël va rester la démocratie libérale que ses fondateurs ont imaginée quand l’État a été fondé en 1948, ou s’orienter plus que jamais vers un régime illibéral imprégné de judaïsme orthodoxe.
Le travail de sape de Nétanyahou et ses alliés
Après avoir été à la tête d’une série de gouvernements centristes pendant douze ans, le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a pris un fort virage à droite en 2022, au sein d’une coalition de partis d’extrême droite et ultraorthodoxes (haredim, les “craignant-Dieu”, en hébreu).
Il est apparu rapidement que son gouvernement avait deux objectifs principaux. Premièrement, réduire les pouvoirs d’une justice indépendante et accroître considérablement ceux des élus, comme c’est le cas dans d’autres démocraties illibérales. Deuxièmement, il s’agissait d’accorder une place plus importante à la religion juive dans l’espace public et d’apporter un énorme soutien financier, juridique et moral aux colons de Cisjordanie.
Cette politique s’est accomp
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