GUILLAUME HERBAUT POUR « LE MONDE »
Animaux-soldats
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L’épisode 2 sera disponible prochainement.
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L’épisode 2 sera disponible prochainement.
Des chameaux de Napoléon aux chiens parachutistes du Débarquement, ces animaux enrôlés dans la guerre au fil de l’histoire
Par Marie-Béatrice Baudet (Ranville [Calvados], envoyée spéciale)Récit« Animaux-soldats » (1/6). « Le Monde » exhume tout un bestiaire oublié des champs de bataille, à l’image de Glen et son maître Emile. Tués ensemble en Normandie le 6 juin 1944, ils ont été enterrés côte à côte au cimetière militaire de Ranville.
Les deux combattants reposent côte à côte, sous la même stèle, unis dans la mort comme ils l’étaient dans la vie. Emile et Glen, Glen et Emile, un binôme inséparable. Celles et ceux qui viennent se recueillir sur leur tombe à Ranville, premier bourg de Normandie libéré par les alliés le 6 juin 1944, les honorent l’un comme l’autre. Des fleurs et de délicates petites croix en bois ornées d’un coquelicot à l’intention d’Emile Servais Corteil, jeune recrue britannique du 9e bataillon de parachutistes, tué à l’âge de 19 ans. Des peluches, des balles de tennis et des os à mâcher pour le soldat Glen, magnifique berger allemand, tout à la fois prompte sentinelle et habile détecteur d’explosifs. Un compagnon fidèle et précieux. Emile, son maître, l’adorait.
Quelques heures avant le Débarquement, le 9e bataillon de parachutistes participe aux opérations de sabotage menées par la 6e division aéroportée britannique visant à saper la future contre-offensive allemande. Emile et Glen sont largués avec leurs camarades au-dessus du Calvados pour s’emparer de la batterie de Merville dont les puissants canons menacent la plage – nom de code « Sword » – où les troupes anglaises et les Français du commando Kieffer doivent surgir des navires, au petit matin.
Rien ne se passe comme prévu. La météo est exécrable, la navigation aérienne incertaine. L’unité chute dans les marais, éparpillée et loin de sa cible. Le pire est à venir. Chargés de sécuriser le ciel normand, les avions alliés prennent le bataillon à nouveau regroupé pour des forces ennemies en marche, et les bombardent. Les corps d’Emile et Glen seront retrouvés quelques jours plus tard, couchés l’un sur l’autre, au fond d’un trou d’obus.
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