Depuis quelque temps, les interventions internationales de la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, donnent l’impression d’un gouvernement qui parle d’une Haïti différente de celle vécue quotidiennement par la population.
À Addis-Abeba, la ministre évoque relance économique, création d’emplois, sécurité, résilience et investissements. Mais derrière ces grandes formules, une question demeure, quelle réalité veut-elle présenter à la communauté internationale ?
Ses déclarations sur l’insécurité sont particulièrement contestables. À force de présenter des perspectives et des engagements gouvernementaux comme s’ils traduisaient déjà des progrès tangibles, la cheffe de la diplomatie risque de transformer la communication officielle en véritable exercice de déni. Sur le terrain, les kidnappings, les déplacements de population, la fermeture d’entreprises et la peur continuent de peser lourdement sur la vie des citoyens.
Le problème n’est pas de défendre Haïti à l’étranger. C’est même le rôle d’une ministre des Affaires étrangères. Le problème est de défendre une image qui ne correspondrait pas suffisamment à la réalité nationale.
Les partenaires internationaux ont besoin de vérité, pas d’un récit diplomatique enjolivé. La crédibilité d’Haïti ne se construira pas avec des discours soigneusement formulés, mais avec des résultats vérifiables.
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