En 1989, le film Chérie, j’ai rétréci les gosses, de Joe Johnston, tient le haut de l’affiche. Cette comédie américaine raconte l’histoire d’un savant et père de famille excentrique, Wayne Szalinski, inventeur d’une machine à miniaturiser. Las ! celle-ci finit par « rétrécir » ses enfants qui, ramenés à la taille d’insectes, vont se perdre dans l’herbe du jardin. Mais le président américain, Donald Trump, fait mieux, lui. Il rapetisse l’Amérique.
Il en diminue la stature. Il lui donne le profil d’une superpuissance en pleine déliquescence stratégique, diplomatique et politique – pour ne pas dire morale. Aucun épisode de cette régression ne devrait plus nous surprendre. Mais, si l’on éprouve quelque empathie et gratitude pour ce grand pays que sont les Etats-Unis, on a tout de même du mal à s’y faire. Le dernier chapitre de cette entreprise d’autodémolition est la décision de Washington d’aider financièrement la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine.
Elle concentre, à elle seule, une bonne partie de l’ADN du trumpisme. Tout y est, volatilité de l’humeur du grand chef, incompréhension de ce qu’est la Russie, indifférence à la démocratie, soumission aux flatteries de Vladimir Poutine. On trahit un pays en principe ami, l’Ukraine. On en décide en violation d’une loi tout juste votée par le Congrès. On accomplit ce geste sans en avertir les Européens, pays en principe « alliés » des Etats-Unis. L’ensemble consiste à appuyer une autre puissance, la Russie, qui participe activement à la guérilla que mène l’Iran contre les intérêts américains dans le Golfe…
Désastre stratégique
Trump torpille, vendredi 16 octobre, une série de sanctions décidées à l’encontre de la Russie pour inciter Poutine à arrêter la guerre qu’il mène depuis près de cinq ans contre son voisin ukrainien. L’Amérique va acheter du gazole russe, en quantités croissantes au fil du temps, en vertu d’un accord scellé le 9 octobre : tout bénéfice pour le budget de guerre du président russe, ainsi incité à poursuivre son agression. Pour les Etats-Unis, il s’agirait d’accroître l’offre de gazole sur le marché domestique pour en faire baisser le prix à la pompe. Ambition affichée : montrer aux électeurs républicains que le président se préoccupe de leurs difficultés. Objectif poursuivi : minimiser une probable défaite aux élections de mi-mandat, le 3 novembre.
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