Donald Trump a poussé vers la sortie sa nouvelle porte-parole, Katie Zacharia, nommée il y a une semaine tout juste, en l’invitant, vendredi 16 octobre, à « reconsidérer » sa position.
« Je lui ai dit, honnêtement, si j’étais vous, je reconsidérerais [la situation] », a dit le président américain à la Maison Blanche, en affirmant que Katie Zacharia, qui n’a parlé qu’à des médias conservateurs jusqu’ici, avait été « très mal traitée » par la presse. « Je viens tout juste de lui en parler. J’ai dit, “Katie, est-ce que c’est fait pour toi ?” », a-t-il dit, en ajoutant avoir dit à la porte-parole : « Honnêtement, vous n’avez pas besoin de ça. »
Un haut responsable américain a confirmé vendredi soir à l’Agence France-Presse le départ de Katie Zacharia. Cette source a précisé qu’une information de la chaîne Fox News, selon laquelle cette juriste de 41 ans quittait officiellement ses fonctions, était exacte.
Si son départ était officialisé rapidement, elle deviendrait la plus éphémère « Press Secretary » à avoir jamais travaillé pour Donald Trump.
Le sort de Katie Zacharia, qui a laissé une impression très laborieuse mardi lors de son premier briefing, et qui est accusée d’avoir menti sur ses qualifications professionnelles, semblait scellé vendredi matin. Elle a enchaîné des entretiens avec des journalistes ou médias fermement ancrés dans le camp conservateur, censés lui permettre de corriger le tir, mais qui ont eu l’effet inverse et l’ont davantage fragilisée.
Dans l’émission matinale de la chaîne Fox News, généralement un terrain confortable pour les membres de l’administration Trump, Katie Zacharia a été interrogée sans concessions. « Avez-vous toujours la confiance du président ? », lui a-t-il été demandé. « Je suis ici et j’ai pu voyager avec lui pour la convention pour les élections de mi-mandat, ou plutôt, excusez-moi, des meetings de campagne, et j’espère être capable de gagner la confiance de tous ceux qui m’entourent », a répondu Katie Zacharia, évasive.
Appel à lancer une enquête
Elle a accompagné Donald Trump mardi et mercredi dans une tournée électorale, mais s’est tenue à l’écart des journalistes voyageant avec le président, ne faisant qu’une brève apparition dans la cabine réservée à la presse sur Air Force One. Elle n’a pas non plus voulu dire quand elle prévoyait de donner sa prochaine conférence de presse à la Maison Blanche.
Katie Zacharia avait déjà été bousculée jeudi soir par Sean Hannity. « Vous dites que vos équipes auraient dû mieux vous préparer ? », avait lancé l’animateur, en référence au premier briefing donné mardi par la nouvelle porte-parole, expéditif et particulièrement laborieux.
Il l’a ensuite questionnée longuement sur ses qualifications professionnelles, au cœur d’une controverse depuis l’annonce de sa nomination. « Vous avez passé l’examen du barreau mais vous ne l’avez pas réussi ? » « Oui, Sean », a déclaré la porte-parole âgée de 41 ans, qui avait commencé pourtant par se présenter comme avocate. « Je savais que je partais vivre en Chine et les résultats du barreau ne prêtaient pas à conséquence », a-t-elle fait valoir.
Katie Zacharia a ensuite vécu à Pékin, où elle dit avoir travaillé comme juriste dans un important cabinet d’avocats chinois. Elle a justifié le fait de ne pas avoir repassé le barreau à son retour aux Etats-Unis par ses maternités, précisant avoir eu « quatre enfants en six ans ».
Sur Real America’s Voice, une plateforme ouvertement alignée sur l’idéologie MAGA, Katie Zacharia avait auparavant dénoncé de la « désinformation » et des « malentendus » la concernant. L’association d’éthique en politique Campaign for Accountability a appelé mercredi le barreau de l’Etat de Californie à lancer une enquête.