Les vagues de suppressions de postes se succèdent chez Reach PLC. Principal groupe de presse britannique, le propriétaire des tabloïds Daily Mirror, Daily Express et Daily Star a officialisé, le mercredi 16 septembre, la disparition de 220 emplois éditoriaux dans les mois à venir. Cette restructuration survient quelques mois seulement après le départ de quelque 300 salariés, à la fin de l’année 2025. “Au total, les effectifs journalistiques de Reach sont passés de 3 369 personnes en 2022 à 2 494 l’année dernière”, complète Press Gazette, site britannique spécialisé dans l’actualité des médias.

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La dernière saignée en date a été justifiée, dans une note interne transmise aux équipes, par “un changement sismique” des habitudes de lecture. “Le groupe essaie de s’adapter à un effondrement des audiences en ligne, les lecteurs privilégiant les résumés produits par intelligence artificielle”, traduit le quotidien The Guardian. “Les changements d’algorithmes couplés à l’introduction des aperçus générés par IA au sommet des pages de moteurs de recherche détournent les lecteurs des sites de médias”, confirme The Daily Telegraph. En juillet, la direction de Reach avait déjà communiqué des chiffres alarmants : −46 % de visites en un an sur l’ensemble des sites des journaux du groupe, en grande majorité 100 % gratuits.

Fermeture de trois sites locaux

Propriétaire de plusieurs dizaines de médias régionaux comme le Manchester Evening News et le Liverpool Echo, la société établie au cœur du quartier d’affaires londonien de Canary Wharf a, au passage, annoncé la fermeture pure et simple de trois sites d’information locale (Kent Live, Aberdeen Live, et Galway Beo, en Irlande). “Le directeur des contenus [du groupe], David Higgerson, a cité ‘l’expansionnisme de la BBC’ à l’échelle locale comme raison de cette décision”, indique The Daily Telegraph.

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En réaction à l’hémorragie de lecteurs en ligne, Reach cherche à se réorienter vers un modèle payant. Une soixantaine d’emplois vont être créés pour que le groupe puisse “se concentrer sur des contenus originaux et de qualité”, relaie Press Gazette. Il revendique pour l’heure 50 000 abonnés numériques répartis sur 22 titres de presse. “L’ère de l’importance accordée au volume de production et au nombre de pages vues [synonyme de revenus publicitaires] est en train de s’achever.”

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