Le 4 octobre, le premier tour des élections générales au Brésil a livré un terrible verdict. A l’élection présidentielle, Flavio Bolsonaro arrive en tête avec 47 % des suffrages, contre 45 % pour Lula [Luiz Inacio Lula da Silva], soit plus de 2 millions de voix d’avance, à rebours de ce que prévoyaient la plupart des sondages. Le même jour, le Parti libéral (PL) de la famille Bolsonaro a fait élire 121 députés sur 513, contre 99 en 2022, et 28 sénateurs sur 81, contre 13 jusqu’ici : il devient la première force des deux Chambres, avec la plus importante délégation obtenue par un seul parti depuis l’entrée en vigueur de la Constitution de 1988. Le PL et ses alliés occuperont 49 des 81 sièges du Sénat, contre 27 pour la gauche, et disposeront très probablement d’une majorité à la Chambre des députés. Bilan de ce 4 octobre : un Congrès dominé comme jamais par l’extrême droite alliée à la droite, et Flavio Bolsonaro devance Lula dans la course à la présidence.
Ainsi, avant même le second tour de la présidentielle, qui aura lieu dimanche 25 octobre, la situation laisse présager un mandat encore plus préoccupant que sous la présidence de Bolsonaro père [2019-2023], auteur d’une entreprise systématique de démolition des avancées des gouvernements de gauche, dans les domaines du social, de l’écologie, du droit des minorités et des peuples autochtones, de l’économie et des relations internationales, tandis que la déforestation de l’Amazonie s’est fortement accélérée. S’il parvient au pouvoir, son fils disposerait d’une marge de manœuvre que son père n’avait pas : un Congrès largement acquis à sa cause, et la possibilité de s’attaquer aux derniers contre-pouvoirs qui avaient tenu tête à l’exécutif, notamment la Cour suprême fédérale.
Les conséquences d’une élection de Flavio Bolsonaro, totalement aligné sur l’idéologie de son père, sont – hélas – prévisibles, puisqu’il a annoncé clairement ses intentions. Il promet de libérer son père, condamné à vingt-sept ans de prison pour tentative de coup d’Etat, pour que dernier lui passe lui-même l’écharpe présidentielle ; des élus du PL annoncent déjà vouloir voter une amnistie, y compris pour les émeutiers du 8 janvier 2023 qui ont saccagé le palais présidentiel, le Congrès et la Cour suprême. Il souhaite également refondre la Cour suprême, dont les juges ont osé poursuivre les putschistes.
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