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Élections en Haïti : sans sécurité ni inclusion, sans garanties pour les victimes de l’insécurité armée, le pays s’expose à un scrutin sous contrainte et à une crise postélectorale majeure

L’Institut National pour la Défense des Droits Économiques, Sociaux et Culturels (INDDESC) affirme que la tenue des prochaines élections en Haïti ne relève pas d’une opération calendaire ou administrative, mais d’un test de souveraineté, de sécurité, d’inclusion démocratique et de

Élections en Haïti : sans sécurité ni inclusion, sans garanties pour les victimes de l’insécurité armée, le pays s’expose à un scrutin sous contrainte et à une crise postélectorale majeure
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7 août 2026
Élections en Haïti : sans sécurité ni inclusion, sans garanties pour les victimes de l’insécurité  armée, le pays s’expose à un scrutin sous contrainte et à une crise postélectorale majeure 
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Élections en Haïti : sans sécurité ni inclusion, sans garanties pour les victimes de l’insécurité  armée, le pays s’expose à un scrutin sous contrainte et à une crise postélectorale majeure 

  • by Rezo Nodwes
  • 7 août 2026
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L’Institut National pour la Défense des Droits Économiques,  Sociaux et Culturels (INDDESC) affirme que la tenue des prochaines élections en Haïti ne relève  pas d’une opération calendaire ou administrative, mais d’un test de souveraineté, de sécurité,  d’inclusion démocratique et de légitimité. 

Selon la Matrice de suivi des déplacements de l’Organisation internationale pour les migrations  (OIM), environ 1 466 862 personnes sont déplacées internes, victimes de l’insécurité armée,  dépendant de familles d’accueil, de logements précaires ou de sites spontanés. Sur la même période,  le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) établit à 5,83 millions, le nombre  de personnes en insécurité alimentaire aiguë de niveau Crise majeure. 

Ces chiffres sont des variables électorales. Comment garantir le droit de vote d’un citoyen déplacé,  privé de documents d’identification, dont le domicile est inaccessible et la circonscription sous contrôle  ou sous menace armée ? Comment assurer la confidentialité du vote quand la peur et la présence armée  pèsent sur le comportement électoral ? Comment prévenir qu’un déplacement massif ne produise une  exclusion électorale de fait ? 

II. Un calendrier conditionné par des variables non maîtrisées 

Le Conseil électoral provisoire (CEP) fixe le premier tour de la présidentielle et des législatives au 13  décembre 2026, sous réserve expresse d’un climat sécuritaire acceptable et de ressources financières  disponibles, deux conditions non remplies à ce jour. La question n’est plus de savoir si Haïti peut  organiser des élections, mais dans quelles conditions ce scrutin serait libre, inclusif, crédible, sûr et  juridiquement légitime. 

Le Décret électoral du 2 juin 2026, modifié en juillet, constitue le socle du processus. Les révisions  apportées à l’indépendance de l’institution électorale révèlent une fragilité persistante, qui s’étend à  l’identification des électeurs, à l’accessibilité des centres d’inscription et de vote, à la sécurisation des  bureaux, au financement du processus et du jeu politique, et à la capacité de l’État à écarter les  ressources criminelles de la compétition électorale. L’État doit empêcher que l’argent issu des  crimes de sang et de l’insécurité armée ne finance les campagnes électorales. Aucun pouvoir ne  doit être bâti sur le sang des victimes des crimes de masse ni sur la profanation de leur mémoire.

Sans traitement préalable de la question des victimes, l’élection créera deux catégories de  citoyens : ceux qui accèdent aux bureaux de vote, et ceux que la violence, le déplacement forcé,  la perte de documents, la pauvreté ou le traumatisme excluent silencieusement. 

L’INDDESC alerte sur un risque de « massacre électoral », dans sa double dimension : violences  physiques contre électeurs, candidats, agents électoraux et observateurs ; et hécatombe démocratique  , exclusion massive, intimidation, fraudes, contestation des résultats, approfondissement de la crise. 

Traiter les victimes de l’insécurité armée et les personnes déplacées comme une question  humanitaire périphérique relèverait de l’irresponsabilité politique. Leur droit à la vie, à la  sécurité, au logement, à la santé, à l’éducation, à l’identité juridique et à la participation  citoyenne ne peut être sacrifié à la célérité du calendrier électoral. 

L’article 19 de la Constitution de 1987 garantit le droit à la vie, à la santé et au respect de la  personne humaine ; la Convention américaine relative aux droits de l’homme protège le droit à  la vie, à l’intégrité personnelle, à la liberté et à la sécurité. L’obligation de l’État couvre  l’ensemble du processus électoral, de sa préparation à la proclamation des résultats. 

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