“En traversant Lusaka en voiture, il est facile de penser que la réélection du président zambien, Hakainde Hichilema, jeudi, est une évidence”, écrit Bloomberg. Dans la capitale, les rues peintes en rouge et de grands panneaux publicitaires affichent en grande pompe le portrait du président sortant et candidat à sa réélection. À l’inverse, son adversaire principal, Brian Mundubile, est invisible.

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Lorsque Hichilema, candidat du Parti uni pour le développement national (UPND), est arrivé au pouvoir, en 2021, la Zambie était le premier pays africain à avoir fait défaut de sa dette lors de la pandémie. Après un travail de restructuration de la dette sous son mandat, la Zambie a profité de la forte demande mondiale en cuivre, dont le pays est le deuxième producteur mondial, derrière la République démocratique du Congo (RDC), pour libérer des fonds destinés à accroître les dépenses sociales.

Un bilan économique reluisant

La Zambie est ainsi devenue le deuxième exportateur de cuivre d’Afrique. Et, grâce à la production de volumes record de ce métal à des prix qui approchent “des sommets historiques”, le pays connaît un redressement économique digne d’une “success-story africaine”.

“Les activités de [la mine de cuivre de] Lumwana ont engendré 887 millions de dollars de retombées économiques en Zambie en 2024, notamment sous forme de redevances, d’impôts, de salaires et d’achats de biens et services locaux”, constate ainsi l’Agence Ecofin. Cela a conduit à un bilan économie plutôt remarquable. “L’inflation a été maîtrisée, les investissements dans les infrastructures ont augmenté, et le pays a bénéficié d’un afflux massif d’investissements, notamment dans le secteur minier en plein essor”, liste The New York Times.

Mais, envers de ces succès, une flambée du coût de la vie et un taux de pauvreté parmi les plus élevés. À cela s’est ajouté, en 2024, la pire sécheresse qu’ait connue le pays depuis des décennies. Récoltes détruites, production hydroélectrique paralysée, monnaie qui s’effondre et faillite d’entreprises privées d’électricité pendant des jours, liste Bloomberg. L’économie a subi un rude revers, avant de rebondir en 2026 grâce à des récoltes de maïs atteignant des niveaux record.

Autant d’éléments qui pourraient peser sur la candidature du président sortant et être favorables à Brian Mundubile, ancien allié du défunt président Edgar Lungu qui s’est hissé à la tête d’une opposition fragmentée. Même si “le président Hakainde Hichilema demeure le favori” grâce à son bilan économique, compte tenu du coût de la vie élevée et du mécontentement social sa réélection “ne saurait être considérée comme acquise”, souligne Sudan Horizon.

Désormais principal adversaire du parti présidentiel, Biran Mundubile, qui dirige le Parti de la réconciliation nationale pour l’unité et la prospérité (NRPUP), a fait de l’inflation son cheval de bataille. Avec un programme axé sur le chômage des jeunes, “la création d’emplois, la réduction du coût de la vie, le rétablissement de la confiance dans les institutions de l’État et l’octroi de retombées économiques directes aux citoyens”, il répond directement aux préoccupations des électeurs, dont beaucoup de jeunes, qui attendent des résultats concrets plutôt que de grandes idéologies.

Ne pas tirer de conclusions hâtives

La Zambie est considérée comme l’un des pays africains respectant le plus les transitions de pouvoir entre différents partis politiques. Lors de son élection, Hichilema avait même représenté un symbole du triomphe “de la démocratie africaine et la promesse de liberté et de réformes économiques”, rappelle le New York Times.

Mais, pour cette édition 2026, le climat politique est plus tendu, les organisations de défense des droits humains critiquant les “restrictions aux libertés politiques, de réunion et d’expression”, relève Sudan Horizon. Hichilema est également accusé de violence et de répression politiques destinées à lui permettre de se maintenir au pouvoir. L’Union européenne a même déployé une centaine d’observateurs dans le pays pour s’assurer du bon déroulement du scrutin, constate The Brussels Times.

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Du côté de l’opposition, Biran Mundubile reste fragilisé par des divisions politiques au sein de son parti. “Depuis 2024, l’opposition a remanié ses alliances à plusieurs reprises, tandis que les anciennes forces d’opposition, notamment celles associées au Front patriotique (FP), se sont scindées en factions et alliances rivales”, détaille Sudan Horizon.

Devant un tel constat, la presse du pays a déjà tiré ses conclusions. “Les Zambiens ont décidé”, titre Times of Zambia. Ils “ont choisi le développement plutôt que le chaos et ont donc décidé de voter pour le Parti uni pour le développement national (UPND)”, soit le pari présidentiel.

Le Lusaka Times souligne de son côté que le président sortant reste favori, malgré “un sentiment antigouvernemental persistant chez une partie des électeurs, suggérant que l’avantage du parti au pouvoir repose plus sur sa solidité organisationnelle et les divisions de l’opposition que sur un enthousiasme populaire général”.