Après plus d’un demi-siècle de combats pour les droits humains, l’émancipation des femmes et des minorités, mais aussi pour la justice internationale et l’Europe unie, l’Italienne Emma Bonino, ancienne députée, sénatrice, ministre des affaires étrangères, parlementaire puis commissaire européenne et figure historique du Parti radical (PR) est morte à Rome, le 11 septembre. Sa disparition à 78 ans survient au moment où les principes qui ont guidé son action politique sont attaqués de toute part, jusqu’en Italie où l’ultradroite fait désormais recette en promettant le rétablissement du patriarcat et le tri ethnique de la population.
Malgré son état de santé dégradé à partir de 2015, Emma Bonino avait poursuivi une vie engagée au-delà des instances de la politique partisane, entre campagnes électorales et actions de désobéissance civile, jusqu’à sa participation aux élections européennes de 2024. Sur les affiches d’une liste baptisée « Etats-Unis d’Europe », son visage familier pour nombre de ses concitoyens était alors de retour dans les rues d’Italie, surmonté par un de ces turbans qu’elle portait dans la dernière partie de sa vie, défis colorés au mal qu’elle combattait.
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