La France, comme l’a un jour relevé l’écrivain voyageur Sylvain Tesson, est “un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer”. À l’approche de la présidentielle prévue en 2027, la campagne électorale trouve son rythme, les candidatures se multiplient et le pays est d’humeur particulièrement maussade.

Si le scrutin avait lieu en septembre, la populiste opposée à l’immigration, Marine Le Pen, aurait de fortes chances d’entrer à l’Élysée en surfant sur le désenchantement de l’électorat, qui est las de toute la classe politique et a l’impression d’avoir “tout essayé”. Mais beaucoup de choses peuvent encore se passer d’ici au premier tour, le 18 avril 2027. Et la France est coutumière des coups de théâtre.

Au printemps 2011, tout le monde pensait que Dominique Strauss-Kahn, alors directeur général du FMI et ancien ministre des Finances respecté, serait le candidat socialiste capable de battre le président sortant, le conservateur Nicolas Sarkozy, à la présidentielle de 2012. Strauss-Kahn a néanmoins été terrassé par un scandale sexuel et c’est François Hollande, un socialiste sur lequel personne ne misait, qui a été élu.

En 2016, François Fillon, ancien Premier ministre de droite, était très bien placé pour succéder à Hollande, jusqu’aux révélations sur les emplois fictifs au profi