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En Afghanistan, la crise humanitaire s’aggrave sous l’effet de la politique des talibans et faute de financements : « Nous sommes livrés à nous-mêmes »

Coupes dans l’aide internationale, hausse des prix alimentaires, retours massifs depuis l’Iran et le Pakistan : les crises s’accumulent dans le pays. Les enfants en sont parmi les premières victimes, tandis que les fermetures de centres de santé réduisent les possibilités de les soigner.

En Afghanistan, la crise humanitaire s’aggrave sous l’effet de la politique des talibans et faute de financements : « Nous sommes livrés à nous-mêmes »
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En Afghanistan, la crise humanitaire s’aggrave sous l’effet de la politique des talibans et faute de financements : « Nous sommes livrés à nous-mêmes »

Par Ghazal Golshiri (Kaboul, Sarbuland [Afghanistan], envoyée spéciale ) et Sandra Calligaro (Photographe)
Publié aujourd’hui à 18h00

Temps de Lecture 6 min.

De son petit corps, Zarmina mobilise ses dernières forces pour pleurer. A 2 ans, elle ne pèse que 5 kilogrammes, un poids extrêmement faible pour son âge. Elle souffre d’un choc septique, une complication grave d’une infection qui peut engager le pronostic vital. Un tube, fixé à son front par du sparadrap et glissé dans son nez, lui permet de s’alimenter. La petite fille réclame pourtant le sein de sa mère, Fatema (qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, comme tous les témoins cités par leur seul prénom). « Dans les cas comme celui de Zarmina, le risque de mortalité atteint 80 % à 90 % », explique Fazlollah Tarizada, 38 ans, médecin spécialisé en pédiatrie, de garde dans le service de malnutrition de l’hôpital public Indira-Gandhi, à Kaboul.

A 25 ans, Fatema, menue et frêle, est mère de cinq enfants, tous atteints de malnutrition. Elle est venue de la province de Logar, au sud de Kaboul, pour faire soigner sa fille. Son mari accepte tous les travaux qu’il trouve, dans les champs comme sur les chantiers. Il gagne 5 dollars (4,48 euros) par jour. « On mange des pommes de terre, du gombo, jamais de viande », raconte-t-elle.

Le service de malnutrition de l’hôpital Indira-Gandhi dispose de 20 lits, où l’on doit parfois installer deux, voire trois enfants. « Faute de moyens, nous n’hospitalisons que les cas de malnutrition sévère accompagnés de complications médicales, comme une infection, une malformation cardiaque ou une insuffisance rénale, explique le médecin. Dans des conditions normales, nous devrions pouvoir prendre en charge les cas sévères, mais aussi les formes modérées. » Les capacités d’hospitalisation, elles, restent limitées. « A Kaboul, les lits réservés aux enfants souffrant de malnutrition manquent. Même si nous en avions une centaine, ils seraient tous occupés », poursuit Fazlollah Tarizada.

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