C’est sa propre famille qui l’a dénoncée aux talibans. Somaiya, 26 ans, n’a pourtant pas vraiment été surprise d’apprendre que les autorités en avaient après ses publications sur Instagram – un mélange de photos et de vidéos de sa vie quotidienne et de publicités pour des commerces locaux. Lorsque le ministère pour la Promotion de la vertu et la Répression du vice l’a convoquée, elle espérait en être quitte pour un avertissement. Mais elle a subi un véritable interrogatoire, avant d’être envoyée à la prison pour femmes de Herat.

Entre deux questions, les agents lui ont appris qu’elle avait été dénoncée par des membres de sa famille, dont elle savait qu’ils désapprouvaient ses publications. Certains auraient voulu qu’elle reste en garde à vue, voire en prison pour plusieurs années. “Je n’ai pas cessé de répéter que j’arrêterais de publier des photos, que j’étais prête à signer un engagement écrit, raconte-t-elle. J’ai supplié, mais on m’a jetée en prison. On m’a signifié que j’y resterai soixante-douze heures.”

Somaiya a ensuite été renvoyée devant les agents du ministère, qui l’ont forcée à renoncer par écrit à toutes ses activités sur les réseaux sociaux. Depuis, elle a supprimé l’intégralité de ses publications, y compris les publicités rémunérées qui lui permettaient de gagne