Le Parlement algérien a approuvé dimanche 25 octobre l’envoi d’unités de l’armée au Niger, un vote historique qui concrétise l’abandon de la doctrine traditionnelle de non-intervention militaire à l’étranger. Les deux chambres – l’Assemblée populaire nationale (ANP) et le Conseil de la nation (Sénat) – ont chacune adopté à la majorité des deux tiers requise par la Constitution un texte autorisant une telle projection militaire.
Si le texte approuvé ne précise pas la destination du déploiement, le Front de libération nationale (FLN), qui dispose d’une majorité relative à l’Assemblée, a « considéré » dans un communiqué publié à l’issue du vote le Niger était bien le pays concerné. « Cette décision s’inscrit dans la nécessité de protéger les intérêts vitaux du pays, compte tenu de l’élargissement du champ des menaces transfrontalières, de la multiplication des conflits dans la région du Sahel, ainsi que de la propagation du terrorisme, de la criminalité organisée, de la contrebande d’armes et du trafic de drogue », précise le communiqué du FLN.
Avec ce vote du 25 octobre, Alger franchit un nouveau seuil dans l’aggiornamento doctrinal de sa politique de sécurité, jusque-là caractérisée par la tradition non-interventionniste, héritage de son tiers-mondisme militant des années 1960. La révision de la Constitution de 2020, prévoyant « l’envoi d’unités de l’armée nationale populaire à l’étranger » sous réserve de l’aval des deux chambres, avait constitué un premier pas dans cette remise à jour stratégique alors que l’inquiétude s’avivait face à l’essor de l’instabilité au Sahel. L’activation du nouvel article 91 marque une deuxième étape, plus opérationnelle.
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