Michel Thouati a traversé les cinq étapes du deuil avant de déraciner son figuier chéri. Il avait aussi un kaki et un sureau, plantés contre sa maison à flanc de crête dans la ville californienne de Berkeley. Il fallait se débarrasser des trois.
La végétation qui se plaisait tant sur sa petite parcelle s’est retrouvée menacée par des dangers eux aussi grandissants. Des travaux de recherche montrent en effet de plus en plus clairement que les aménagements paysagers peuvent alimenter des incendies catastrophiques qui, après s’être déclarés en pleine nature, ravagent des quartiers comme le sien. Nichée dans les hauteurs qui surplombent la baie de San Francisco et adossée à une vaste étendue laissée à l’état sauvage, la maison que Michel et sa femme possèdent depuis une trentaine d’années se trouve dans l’une des zones de Californie les plus exposées aux feux de forêt.
Berkeley fait partie des premières localités à avoir adopté une réglementation baptisée “zone zéro”, qui impose d’enlever tout ce qui est combustible sur un périmètre d’environ 1,50 mètre autour des logements dans les zones où les risques sont les plus élevés. L’idée est d’empêcher que des braises en suspension dans l’air ne s’enflamment en retombant.
Forte résistance populaire
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Américains, laissons les feuilles mortes tranquilles !
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