Le président argentin, Javier Milei, s’est invité, mercredi 21 octobre, dans la campagne électorale en Espagne, en qualifiant Pedro Sanchez de « dictateur » au cours d’une visite à Madrid durant laquelle il compte afficher son soutien à l’opposition de droite et d’extrême droit, à l’approche des législatives.
« L’Espagne a su accueillir des centaines de milliers d’Argentins qui fuyaient la misère et l’absence de futur, fruits du sinistre socialisme du XXIe siècle (…) que vous subissez régulièrement avec l’infréquentable dictateur Pedro Sanchez », a-t-il lancé lors d’un discours prononcé lors d’un forum économique.
Le dirigeant ultralibéral de 55 ans a également qualifié le premier ministre socialiste espagnol de « voleur » et de dirigeant « corrompu », appelant les Espagnols à « mettre les socialistes dehors à coups de pied », à un peu moins de six semaines des élections législatives anticipées du 29 novembre, à l’issue très incertaine.
Pour ce scrutin auquel près de 39 millions d’Espagnols sont appelés à participer, les sondages placent à ce stade le Parti populaire (droite) devant les socialistes, mais sans majorité absolue, faisant du parti d’extrême droite Vox un possible arbitre au Parlement.
« Chemin de décadence »
Lors de son intervention, Javier Milei, au ton très offensif, s’en est vivement pris aux « partis de gauche » en Europe, les accusant d’être « les premiers responsables » de « la stagnation » économique du Vieux Continent.
Sur l’immigration, le président argentin a accusé le gouvernement de Pedro Sanchez d’encourager, pour des motifs électoraux, une « invasion » migratoire, prenant notamment l’exemple de l’enclave de Ceuta qui a vécu une crise inédite fin juillet avec l’afflux massif de dizaines de milliers de personnes venues du Maroc, et exprimant sa « grande inquiétude ». « La stagnation économique, combinée à l’irresponsabilité migratoire, trace un chemin de décadence très difficile à inverser pour l’avenir », a-t-il estimé.
Au cours de sa visite mercredi à Madrid, Javier Milei doit notamment rencontrer des dirigeants du parti d’extrême droite Vox et la patronne de droite de la région de Madrid, Isabel Diaz Ayuso. « Je suis clairement ami avec [le leader de Vox]) Santiago Abascal et Isabel Diaz Ayuso, et je pense qu’ils ont des idées saines et positives pour sortir l’Espagne de la décadence », s’est-il justifié lors d’une séance de questions-réponses.
Depuis son arrivée au pouvoir à Buenos Aires, fin 2023, le dirigeant ultralibéral a effectué plusieurs déplacements en Espagne, s’affichant souvent avec l’extrême droite espagnole.
En mai 2024, lors d’un événement organisé par Vox, il avait traité l’épouse de Pedro Sanchez, Begoña Gomez, inculpée pour trafic d’influence, de « corrompue », provoquant une crise diplomatique avec Madrid. Dans la foulée, le premier ministre espagnol avait déploré qu’il n’ait « pas été à la hauteur » des « liens fraternels unissant l’Espagne et l’Argentine ».
Cette passe d’armes avait conduit au rappel pour consultations de l’ambassadrice d’Espagne en Argentine, avant la nomination d’un nouvel ambassadeur, cinq mois plus tard.
Mercredi, peu avant le début du discours de Javier Milei, Pedro Sanchez a publié une courte vidéo sur X dans laquelle il se disait fier d’être « gauchiste » (« zurdo » en espagnol), un terme souvent employé de manière péjorative par le dirigeant argentin et l’extrême droite pour désigner les militants de gauche.