Deux semaines après son expulsion, Maricarmen Abascal est morte le 7 octobre à Madrid, à 87 ans, sans avoir pu regagner l’appartement où elle avait vécu pendant près de soixante-dix ans. Devenue en quelques jours le symbole de la colère contre la crise du logement en Espagne, elle était hospitalisée depuis son éviction, le 23 septembre. Son état s’était brusquement aggravé dans la matinée mercredi.
Maria del Carmen, dite « Maricarmen », devait pourtant bientôt rentrer chez elle. Après huit ans de conflit avec la société immobilière propriétaire, un accord lui offrait un nouveau bail, qu’elle n’aura pas eu le temps de signer. Elle vivait depuis l’adolescence dans ce logement du quartier d’Ibiza, près du parc du Retiro, loué par son père depuis 1956 sous le régime des loyers anciens. Les images de son expulsion sur un brancard avaient cristallisé une colère déjà forte face à la hausse des loyers et aux difficultés d’accès au logement.
L’annonce de sa mort a ravivé l’émotion et la colère. Fleurs et bougies ont été déposées devant son ancien domicile, tandis que plus d’un millier de personnes ont marché de la Puerta del Sol vers le parlement. « Maricarmen vit, la lutte continue », « Nous n’avons pas peur, nous sommes en colère », « Ce n’est pas une mort, c’est un assassinat », ont scandé les manifestants, qui ont mis en cause aussi bien le gouvernement socialiste que le Parti populaire (PP, droite), qui dirige la ville et la région de Madrid.
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