La contestation sociale née de l’expulsion, le 23 septembre à Madrid, d’une locataire âgée de 87 ans, menace désormais de se transformer en crise politique majeure pour Pedro Sanchez. Vendredi 2 octobre, le Congrès des députés a rejeté les mesures d’urgence présentées par le premier ministre socialiste pour tenter d’endiguer la colère sur la question du logement. Un revers qui expose la fragilité de sa majorité parlementaire et relance les spéculations sur des élections anticipées.
Les deux décrets-lois, adoptés trois jours plus tôt par le conseil des ministres, prévoyaient notamment de prolonger jusqu’en 2030 la protection contre les expulsions des ménages vulnérables, d’encadrer davantage les locations saisonnières et de chambres, de limiter les acquisitions de logements par les fonds d’investissement et de prolonger certains contrats de location. Le premier texte a été rejeté par 178 voix contre 172 ; le second par 184 voix contre 166.
Les sept députés indépendantistes catalans de Junts per Catalunya (Ensemble pour la Catalogne) ont porté le coup décisif. Leur opposition a une nouvelle fois révélé les fragiles équilibres de la majorité hétéroclite sur laquelle Pedro Sanchez s’appuie depuis sa réélection, en 2023. Après avoir permis son investiture, Junts per Catalunya avait rompu avec le gouvernement en octobre 2025 et négociait depuis son soutien texte par texte.
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