Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a annoncé, lundi 5 octobre, la convocation d’élections anticipées le 29 novembre, après le rejet au Parlement des mesures pour protéger les locataires présentées par son gouvernement.
« Pour mener en profondeur les réformes en suspens dont nous avons besoin (…), nous devons nous mobiliser et obtenir que le Parlement nous accorde une majorité bien plus large, progressiste, grâce à laquelle nous pourrons faire plier les élites, conquérir de nouveaux progrès sociaux et continuer à transformer l’Espagne », a déclaré le dirigeant socialiste, lors d’une allocution solennelle à partir du palais de la Moncloa. « J’ai décidé de convoquer dès ce matin un conseil des ministres extraordinaire afin de dissoudre les chambres et de convoquer des élections législatives qui se tiendront le dimanche 29 novembre », a-t-il ajouté.
Le rejet, vendredi, des textes portés par le gouvernement, qui prévoyaient notamment de suspendre jusqu’en 2030 les expulsions de personnes vulnérables, des mesures contre les fonds dits « vautours », ou le renouvellement automatique des contrats de location, a relancé les interrogations sur la fin de la législature, prévue en 2027.
Des dizaines de milliers de manifestants
De gigantesques manifestations pour le logement ont rassemblé, samedi, des dizaines de milliers de personnes à Madrid et dans d’autres villes espagnoles, au lendemain du vote. Cette mobilisation a démarré il y a une dizaine de jours après l’expulsion à Madrid d’une octogénaire, devenue le symbole de la crise du logement qui frappe l’Espagne. Maricarmen Abascal, 87 ans, a été contrainte de quitter l’appartement où elle vivait après le rachat de son logement par une société d’investissement qui souhaitait augmenter son loyer de 275 %.
Comme dans de nombreuses capitales européennes, le manque de logements abordables est l’un des principaux problèmes sociaux en Espagne, où les plateformes touristiques comme Airbnb et les fonds d’investissement sont accusés de faire flamber les prix en achetant des biens immobiliers et en réduisant l’offre pour les habitants.
D’après la Banque d’Espagne, le pays, où vivent quelque 50 millions d’habitants, compte un déficit de 700 000 logements.