Il aura fallu quinze ans pour que le calvaire d’Andréas Georgiou, ancien chef de l’Autorité statistique grecque (Elstat), prenne fin. Ses avocats l’ont annoncé dans un communiqué, jeudi 10 septembre : la Cour suprême de Grèce a annulé la condamnation de M. Georgiou, qui était accusé d’avoir transmis à l’agence européenne de statistiques, Eurostat, les chiffres révisés à la hausse sur les déficits du pays entre 2006 et 2009, sans approbation du conseil d’administration d’Elstat.
Ni les médias, ni les personnalités politiques grecques n’ont réagi à la décision. « Le quasi-silence qui a suivi en Grèce l’annulation de ma condamnation par la Cour suprême est révélateur. Il traduit le malaise de ceux qui ont beaucoup investi dans ma persécution », affirme au Monde M. Georgiou. Pendant longtemps, les partis au pouvoir l’ont désigné comme le responsable des cures de rigueur subies par le pays entre 2009 et 2014. « Une partie de l’establishment politique avait besoin d’un bouc émissaire pour expliquer la plus grave crise économique de l’histoire grecque moderne, une crise qui trouvait ses racines dans des années de présentation erronée des statistiques budgétaires », affirme-t-il.
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